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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 09:24
Théologie A. T.  Le livre de Josué

Josué arête le soleil et la lune (Venezia, Biblioteca Marciana), miniature du XV siècle

http://www.fmboschetto.it/religione/libri_storici/introd.htm


Titre du livre de Josué

Le livre de Josué ouvre traditionnellement les livres historiques de l'Ancien Testament, suivant immédiatement après le Pentateuque. Son nom dérive de celui qui est le principal protagoniste, en fait, Josué, fils de Nun, de la tribu d'Ephraïm, déjà présenté comme un assistant de Moïse dans l'Exode (Exode 24: 13 et 33:11), Nombres 11:28 dit qu'il était au service de Moïse depuis sa jeunesse. Nombres 13:08 le présente comme l'un des explorateurs de la terre promise, Moïse, à cette occasion, lui a changé le nom d'Osée en Josué. Ayant été, avec Caleb, le seul parmi le peuple à ne pas se retourner contre Moïse, après le retour des éclaireurs, il a eu le droit d'entrer dans la terre de Canaan, après la mort de toute la génération de Moïse.


Dans Nombres 27:18-20 il est écrit: «L’Éternel dit à Moïse: « Prends Josué, fils de Nun, homme en qui réside l'esprit; et tu poseras ta main sur lui. Tu le placeras devant le sacrificateur Eléazar et devant toute la communauté, tu lui donnerais des ordres sous leur yeux. Tu le rendras participant de ta dignité, afin que toute l’assemblée des enfants d’Israël l’écoute.

"La Bible le présente donc comme le successeur de Moïse désigné directement par Dieu, et en même temps en tant que le chef idéal, parce que il conforme chaque acte à la volonté de Dieu. Moïse est le passeur qui a fait sortir les Israélites de l'esclavage en Égypte et de l’état de péché vers la liberté et la grâce (Pâques vient justement de "Pessah", qui veut dire passage), en les conduisant à travers les difficultés de quarante ans dans le désert, mais Josué est celui qui a sauvé son peuple, en le conduisant à la conquête et à la partition, division, de la Terre Promise. Certainement ce n’est pas par hasard que son nom (une variante de Jésus) signifie «Dieu sauve».

Subdivision du texte

Le livre de Josué est clairement divisé en trois sections:

la conquête de la Palestine (chapitres 1-12)

le partage des terres conquises (chapitres 13-21)

derniers discours et la mort de Josué (chapitres 22-24).

La conquête de la terre promise est divisé à son tour en deux campagnes: l'une dans le centre - sud (chapitres 6-10) et une dans le nord (chapitres 11-12). La limite extrême sud de la conquête est le Néguev, celle du nord est le mont Hermon, la plus haute montagne du Liban, d’où a la source du Jourdain.

La traversée du Jourdain

Les chapitres 3-5 du livre racontent le passage du Jourdan et de la conquête de Canaan. L'histoire est ponctuée par quatre moments clés:

La traversée du Jourdain;

La construction d'un mémorial;

La circoncision du peuple;

La célébration de Pâques.

Le récit est dynamique et enthousiaste, et reprend l’entière schéma du passage de la Mer Rouge. Dans l’Exode est Dieu en personne à guider Israël: «Dieu a conduit le peuple ... le Seigneur allait devant eux" (Es.13: 18,21), ici c’est l'Arche de l'Alliance qui se pose à la tête d'Israël: "Apportez l'arche de l'alliance, et passez devant le peuple» (Josué 3:6).

Dans l'Exode, la mer est divisée en deux et les Israélites passent au sec, ici se passe la même chose avec les eaux du Jourdain (peut-être en profitant d'une période de sécheresse). Dans l'Exode, les Égyptiens sont submergés par les eaux, et dans le livre de Josué, ce sont les rois Cananéens que, vues le passage miraculeux, sont emportés par la peur: "... Ils perdirent courage et furent consternés à l’aspect des enfants d’ Israël. " (Josué 5:1) Le mot hébreu "passage" est répété 21 fois dans le texte, un nombre qui est obtenu en multipliant trois par sept, deux nombres parfaits.


L'histoire se termine précisant que "la manne cessa le lendemain» (Josué 5:12), un signe évident de la fin d'une époque, celle des pérégrinations d'Israël à travers le désert. Mais s’en ouvre une nouvelle, celle qui est symbolisé par la circoncision du nouveau peuple né dans le désert, et donc, pas compromis pas l'infidélité, contrairement à ses pères qui se sont révoltés contre le Seigneur; c’est la nouvelle célébration de la Pâque, la première en Terre Promise. Donc, Dieu semble vouloir recommencer tout à nouveau avec un peuple qui se qualifie pour sa loyauté envers lui, comme il le fait après le déluge, Dieu a détruit l'humanité infidèle, mais Il se préoccupe de donner naissance à une nouvelle humanité sortie de l' arche.

La conquête de Jéricho
La conquête de Jéricho, racontée dans le chapitre 6 du livre, plutôt que comme un acte de guerre est décrit comme une sorte de liturgie guerrière, dont le véritable vainqueur est YHWH. Tout cela se traduit par une série de tours de procession autour de la ville, qui a été conquise non par les armes mais plutôt par une célébration liturgique. Cette histoire est née, selon De Vaux, à partir d'une histoire préexistante, puis modifié avec des ajouts sacerdotaux (qui mettent l'accent sur l’Arche de l'Alliance) et transformé en une histoire cultuelle .
Jéricho ("ville de la lune») est probablement l'une des plus anciennes villes du monde, habitée depuis le huitième millénaire avant JC en raison de sa position favorable dans une oasis de la vallée du Jourdain. Toutefois, les archéologues qui ont foré les vestiges de la ville en long et en large inclinent à croire qu'elle avait déjà été détruite depuis longtemps au moment de l'arrivée des Juifs, peut-être pendant les campagnes des pharaons de la XVIIIe dynastie (celle de Thoutmosis III le Conquérant). Comment pourrait-il y avoir alors la famille de Raab, qui habitait dans ses murs puissants, ou même un roi? C'est un problème qui a longtemps empoisonné les exégètes.
En fait, il est possible que Jéricho était encore habitée à l'époque de Josué, même si désormais réduite à une petite ville de peu d'importance, l'auteur aurais plutôt dans son esprit la puissante forteresse existant à son temps, et à celle la il ferait référence. A cette époque, les habitants probablement utilisait des bâtiments partiellement utilisables de la ville antique, et constituent une communauté avec sa propre autonomie de gouverne, même si Jéricho ne représentait plus la glorieuses et crainte métropole du passé. L'épisode du «rituel» nécessaire pour faire tomber les puissants murs de Jéricho a donc une signification rituelle plus que historique, et il est probable que la dénonciation de Raab a été suffisante pour s'emparer de la ville.

Quant au «fil cramoisi» mentionné dans Josué 2:18, certains l’ont vu comme le marque distinctive de la maison d'une prostituée (Raab), d'autres le marque des habitants de Jéricho prêt à coopérer avec les Israélites envahisseurs. Mais il est probable que celui-ci aie à voir avec le sang avec lequel avait été marqué les maisons des Juifs dans l'Exode, dans la nuit de la première Pâque, afin d'éviter de partager le sort des premiers-nés des Égyptiens. En tout cas Raab sera regroupées avec son clan dans le peuple d'Israël (Josué 6:25), mentionné par Matthieu dans la liste des ancêtres de Jésus-Christ. Loin de la gronder comme prostituée, le Nouveau Testament présente Raab plutôt comme un exemple de foi et d'accueil (Hébreux 11:31 et Jean 2:25).

Achan

Achan commet péché en "prennent ce qui est voué par Dieu à l’exterminations», c. à d. prennent possession du butin qui devait être voué entièrement au Seigneur, le seul responsable de la victoire (comme le montre l'épisode du "chef de l'armée de l'Éternel», selon certains il s’agirais de Saint Michel Archange apparu à Josué, (Jos. 5,13). Pour cette raison, l'auteur du livre explique, Josué échoue dans la conquête de la fort
eresse de Ai, aujourd’hui identifié par le Tell el-.

Le coupable est trouvé par tirage au sort, une méthode qui ferais horrifier Sherlock Holmes, mais qui représente la seule façon d'interroger la volonté insondable de Dieu, étant interdit l'utilisation de divination menée par étudier les entrailles des animaux ou des mots des prêtres en transe induite par des drogues hallucinogènes.

Acan est puni par la lapidation; Josué 7:25 dans la vallée d'Acor, à la frontière nord de la tribu de Juda, probablement l'auteur se réfère à un monticule de pierres, peut-être un complexe mégalithique, encore visible au moment de la composition du livre.

Gabaon

Un sens très particulier est donné dans le livre, à la ville de Gabaon, (El Jib aujourd'hui), dont le nom signifie «hauteur» pour des évidentes raisons géographiques. Des fouilles archéologiques ont confirmé l'importance de la ville, définie "grande comme une capitale" en Jos 10:2. Les habitants de Gabaon, dites Héviens, parviennent à échapper à l'extermination des Juifs qui votaient tous les peuples cananéens, en se disant des immigrants venus de loin; Josué les a nommés bûcherons et porteurs d'eau (Josué 9:27), offrant ainsi l'explication d'une très ancienne tradition, attestée par les amphores trouve gravée du nom de Gabaon, et de même l'aqueduc souterrain qui alimente le réseau d'eau de la ville.

Cependant, le roi de Jérusalem, Adoni-Zedek («Le Seigneur est ma justice», qui rappelle le nom de Melchisédek mentionné dans la Genèse), effrayé par l'alliance entre les juifs et les Gabaonites, avec quatre autres rois des Amorites du sud se mit en guerre contre eux pour les écraser, prévoient leurs mouvements.

C’est ici qui s’insère un des plus connues versets de la Bible: pour prolonger la journée et assurer la victoire des Israélites, Josué crie:

« Soleil arrête-toi sur Gabaon, et toi, lune, sur la vallée de Ajalon! » (Josué 10:12)

Cet argument a été utilisé à la Renaissance pour réfuter le modèle copernicien et à persécuter ses partisans, principalement Galileo. Inutile de dire que cette déclaration n'a rien de astronomique ou de scientifique. Le même mot hébreu Damam ("rester immobile") semble ne pas se référer à l’arrêt de la course du soleil, mais plutôt à sa luminosité offusquée dans sa gradation due à la pollution ou à cause d'une éclipse. A la lumière de cette traduction, chaque type de polémique anti-scientifique s'effondre avec fracas. Cet événement a été enregistré dans le «Livre du Juste» (Josué 10:13), également mentionné dans 2 Samuel 1:18 est probablement un recueil de proverbes et contes sur l'histoire d'Israël, perdu pour nous, mais servi comme source de tous les livres du canon Deutéronomiste.

L'assemblée de Sichem

Qui est entrée en Canaan, est un nouveau peuple, circoncis de récent et qui célèbre la Pâque pour la première fois. Telle est le souci de renouvellement complet, que à Sichem, le peuple répète l'Alliance avec Dieu, pour se sentir, chaque un, personnellement engagé dans la fidélité à la Loi.

Voici, donc, l'assemblée de Sichem voulue par un âgées Josué (Josué 24), dans laquelle Dieu rappelle devant le peuple toute l'histoire et ses exploits en faveur du peuple (Gs.24 :2-13). C'est une sorte de mémorial, qui constitue pour le nouveau Israël, un point de départ dans lequel le peuple de Dieu enfonce ses racines. A front de tous les miracles qui l'ont amené à devenir un peuple libre, Israël est appelé à faire un choix: soit avec Dieu ou contre Lui. Ici, donc, se constitue le nouvel Israël qui renouvelle l'alliance du Sinaï: «Dans Ce jour-là Josué fit une alliance avec le peuple, et lui donna des lois et des ordonnances à Sichem » (Gs.24: 25)

Historicité: L'installation en Canaan
La conquête de la Palestine, comme elle est racontée dans le livre de Josué, ressemble à une marche triomphale, une guerre combattue par Dieu à côté de son peuple, devant qui toutes les nations doivent s'incliner. Ceci, cependant, est une relecture postérieur de l'histoire, à la lumière de la réalisation de la promesse de Dieu à Abraham.

Mais comment sont allé les choses vraiment ?

La question de l’établissement des tribus dans le territoire de Canaan est un problème difficile, en raison de l'absence de documents historiques en dehors de la Bible. Le même texte du livre, en filigrane, montre des traces d'une conquête beaucoup plus lente et plus complexe, diversement reconstruite par les historiens et exégètes. Elle comprend non seulement des campagnes victorieuses et bien réussies, mais aussi défaites (aucun moyen de prendre d'assaut la forteresse de Jéricho sans l'aide de Dieu) et des alliances stratégiques avec les peuples cananéens, tels que les Gabaonites.

En outre, le fait que Jérusalem sera conquise aux Jébuséens que par David (2 Sam 5:5-9) montre que, même à l'époque des rois, il y avait des poches de résistance à l'intérieur et pas seulement des ennemis extérieurs à vaincre (Philistins, Ammonites , etc.)
Bien que certains commentateurs soutiennent encore que la conquête de la Palestine serait été rapide et conduite par toutes les tribus alliées entre eux sous un unique guide, sur la base des fouilles archéologiques qui ont signalé les ruines de villes détruites datant de 1250-1200 avant JC et qui peuvent coïncider avec des lieux mentionnés dans le livre de Josué, la majorité des commentateurs pensent à une infiltration pacifique dans des territoires peu peuplées, à travers des alliances avec les cités -États et par actions militaires, suivie par des rapide contrecoups de l'ennemi.

Les deux exodes

D’autre part est à garder à l'esprit que l'exode d'Égypte ne fus pas unique mais qu’il y en a eu deux. En fait, les commentateurs parlent d'un «

exode- expulsion», qui a eu lieu vers 1550 avant JC avec la chassée des envahisseurs Hyksos et des nomades d'Asie qui s'étaient installés en Égypte à leurs suite (voir le récit de Joseph).

Parmi eux, certains clans juifs qui se sont installés en Palestine, conquise par le pharaon Thoutmosis III (1501-1447 avant JC) en 17 campagnes militaires sans merci et brutales.
Les Juifs ici installé furent employés dans diverses parties de la Palestine au service de l'Égypte. En est restée une trace dans Exode 6:1: « L'Éternel dit à Moïse: Tu verras maintenant ce que je ferai à Pharaon; une main puissante le forcera à les laisser aller, une main puissante le forcera à les chasser de son pays. » Références similaires se retrouvent dans Exode 11:1 « L'Éternel dit à Moïse: Je ferai venir encore une plaie sur Pharaon et sur l'Égypte. Après cela, il vous laissera partir d'ici. Lorsqu'il vous laissera tout à fait aller, il vous chassera même d'iciet en particulier à 12:39 «Ils firent des gâteaux cuits sans levain avec la pâte qu'ils avaient emportée d'Égypte, et qui n'était pas levée; car ils avaient été chassés d'Égypte, sans pouvoir tarder, et sans prendre des provisions avec eux.» Il y a eu, cependant, un autre exode, communément appelé «exode fuite", qui a eu lieu autour de 1250 avant JC, à la fin ou peu de temps après le règne de Ramsès II (1301-1235 avant JC), et qui a eu un énorme écho dans l'ensemble de la Bible.

Qu'est-il arrivé exactement? Nous savons pour sûr que, après la échouée réforme religieuse dans le sens monothéiste du pharaon "hérétique" Amenhotep IV ou Akhenaton (1424-1388 avant JC), s’impose une nouvelle dynastie, la dix-neuvième, qui n'est pas venu de la haute Égypte mais du Delta du Nil, et ainsi ces souverains ont donné une impulsion à ce secteur avec une vaste remise en état des terres et de construction.


Dans ces œuvres, parfois grandiose (Ramsès II construit dans le delta de l'Ouest les villes de Pithom et de Ramsès (selon Ex 1:11), ont été impliqués certains clans de Juifs et des groupes de peuples asiatiques qui se sont installés aux frontières:

une imposition de Corvée qui n'était pas certainement apprécié par ces nomades ou semi-nomades, qui ont profité de la première occasion, c'est à dire du moment de faiblesse de l'Égypte après la mort du grand Ramsès II, ont réussi à se rebeller et échappé aux travaux forcés en se réfugiant en Palestine, où depuis longtemps étaient installés d’autres tribus de leurs même sang.


Selon certains ont fui l'Égypte seulement les tribus appartenant à la «maison de Joseph», c'est- à dire Éphraïm et Manassé, et celle de Lévi, représenté précisément par Moïse et Aaron.

Josué appartenait, ce n’est pas un cas, à la tribu d'Éphraïm, qui après est devenue dominante dans le nord du royaume après le schisme politico-religieux suite à la mort de Salomon.

Signification

Au-delà de cette discussion, le Livre de Josué doit être lu à travers les yeux de l'éditeur Deutéronomiste vécu à l'époque de l'exil (597-538 avant JC) et du post-exil (538-450 avant J.-C.), par qui la figure de Josué est certainement idéalisé comme celle de Moïse, et la terre est considérée comme un don de Dieu qui accomplit fidèlement ses promesses, et que le rester en elle (terre) est liée au respect de la loi.
Ainsi, la conquête de Canaan a eu lieu pour un don gratuit de Dieu et non pas par la bravoure ou la compétence d'Israël et de ses intrépides guerriers. Le thème théologique de fond du livre entier peut
se résumer en cet épilogue de (Josué 21:43-45):

« 43. C'est ainsi que l'Éternel donna à Israël tout le pays qu'il avait juré de donner à leurs pères; ils en prirent possession et s'y établirent.
44 L'Éternel leur accorda du repos tout alentour, comme il l'avait juré à leurs pères; aucun de leurs ennemis ne put leur résister, et l'Éternel les livra tous entre
leurs mains.

45 De toutes les bonnes paroles que l'Éternel avait dites à la maison d'Israël, aucune ne resta sans effet: toutes s'accomplirent. »

Gli scavi di Gerico,  Le dodici tribù d'Israele (all'epoca dei Re)
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