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2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 10:39

Lire: LA FRANCE AVANT LES FRANCS  I° Article

Les Francs et les Francais ( 2° Article )  De Wikipédia

Les Francs constituent un Peuple germanique apparaissant sous la forme d'une confédération de tribus au moment des grandes invasions. Une partie d'entre eux joue un rôle central dans l'histoire de France, des Pays-Bas, de Belgique et d’Allemagne à compter de leur sédentarisation en Gaule romaine. Ils ont donné leur nom à la France et aux Français.

Histoire: Légendes et théories sur les origines des Francs

Plusieurs légendes et théories ont été proposées pour expliquer l'origine des Francs.

Vers 580, le chroniqueur Grégoire de Tours parle d'un peuple de Pannonie qui aurait remonté le Danube puis se serait installé sur les bords du Rhin, pour ensuite envahir la Gaule. Vers 660, La chronique de Frédégaire, suivie par le Liber Historiae Francorum vers 725, affirme que les Francs sont issus de rescapés de la ville de Troie (la naissance de Rome a la meme legende), prise par les Grecs. Contestée dès le XVII° siècle, cette théorie est maintenant abandonnée.

Légende de l’origine troyenne des Francs

En 1714, l'historien Nicolas Fréret est le premier à énoncer la thèse selon laquelle les Francs sont issus d'une ligue de peuples germaniques, mais cette thèse jugée « attentatoire à la dignité de la monarchie » vaut à son auteur six mois d'emprisonnement à la Bastille.

S'appuyant sur l'aptitude maritime des premiers Francs et sur des pratiques guerrières et économiques différentes de leurs voisins les Germains, l'historien Roger Grand propose en 1965 de voir dans les Francs des émigrés scandinaves qui seraient venus sur les bords du Rhin au cours du III° siecle cette thèse n'a cependant pas résisté à la critique.

La fondation des ligues

Durant les premiers siècles de notre ère, les peuples germains sont en constante migration, sous la pression d'autres peuples migrants. Les peuples situés entre le Rhin et la Weser, ne pouvant franchir le limes rhénan, migrent vers la Hesse et la Thuringe, mais se heurtent à d'autres peuples.

Pour résister à cette pression, une première ligue de peuples germaniques se constitue au début du IIIe siècle. Ses membres la nomment la ligue de tous les hommes (alle man en langue germanique). Cette ligue, qui apparaît pour la première fois en 213 dans les textes romains sous la forme Allamannicus qui a donné Alamans, avait pour but de résister aux peuples germains voisins et de conquérir de nouveaux territoires, d'abord sur d'autres peuples germains, puis en tentant de franchir le limes germanique.

À la même époque, une autre ligue, non plus assujettie à l'Empire, se forme plus au nord, le long du Rhin et en Germanie inférieure. Il s'agit de la Ligue franque, d'abord constituée des peuples Chamaves, Chatuaires, Bructères et Saliens, et après que ces derniers eurent traversé le Rhin, la ligue comprendra aussi les Tongres, auxquels contribuent les Sicambres. Ils seront rejoints par la suite par les Ampsivariens, les Tenctères, les Tubantes et les Usipètes.

Francia est d'ailleurs une adaptation latine du IIIe siècle du terme Franko(n), nom que donnaient les Francs à leur domaine. Des monnaies d'or de l'empereur Constantin Ier émises en 306 après des victoires contre les Francs et les Alamans portent à l'exergue Francia et Alamannia, ce qui semble démontrer à cette époque l'existence d'un pays des Francs que les Romains appellent Francie, et qu'ils distinguent nettement du pays voisin des Alamans.

Francia n’a alors pas une connotation politique, mais plutôt géographique ou sociologique, comme Maghreb ou Balkans au XXIe siècle. Aux IIe siècle et IIIe siècle, Franci désignait alors une ligue ou confédération de peuples germaniques installés sur la rive inférieure droite du Rhin (c'est-à-dire au nord-est du Rhin), au-delà des frontières de l'Empire romain.

Ainsi, franc (latinisé en francus) désignera l'homme libre (fin du VIe siècle), mais ce n'est que par un glissement de sens postérieur, un adjectif tiré du nom propre. Pour le sens primordial, on remonte au germanique frankō « javelot, lance », modestement attesté (cf. vieil angl. franca, vx. norrois frakka), ce qui supposerait que la ligue franque aurait tiré son nom d'une arme totémique à l'instar des Saxons et leur saxe « épée courte ».

Autre possibilité, le nom est issu d'un allomorphe nasalisé du type frakaz « audacieux, effronté, hardi », mieux attesté, comme en témoignent le m. néerl. vrac, fris.occ. frak, vieil angl. frǣc, vx. norv. frakkr et le suédois régional frak ; d'autres allomorphes (cf. néerl. vrek, all. frech, vx. norr. frekkr) s'expliquent par l'apophonie. Pourtant, sur le plan phonétique, une nasalisation spontanée de /ak/ à /ank/ ferait difficulté.

Le peuple franc est avant tout un peuple de guerriers qui élisaient et se plaçaient librement pour les affaires militaires sous l'autorité d'un chef de guerre, nommé rex francorum, « roi des Francs », qui exerçait son autorité dans son gawi (cf. néerl. gouw, all. Gau), ou pagus « canton administratif ».

Entre Empire romain et Germanie

C'est en 254 que les Francs débutent leurs incursions sur le sol romain. Au même moment, les Alamans attaquent une nouvelle fois le limes qu'ils franchissent et ravagent la Gaule Belgique. Durant le début du IIIe siècle, la transgression flandrienne provoque la progression de la mer du Nord sur la plaine de Flandre et la Frise, transforme le lac Flevo en golfe marin, le futur Zuiderzee. Il s'ensuit un appauvrissement des populations locales, les Frisons, les Francs et les Saxons, qui incite ces derniers à se lancer dans la piraterie et le pillage de l'Empire romain.

Ils commencent par le pillage de la Germanie inférieure avant d'être repoussés par Gallien en 257. Profitant du départ de Gallien vers la Pannonie, les Francs reprennent leurs incursions, mais sont provisoirement battus par Postumus. Il se proclame empereur des Gaules et doit lutter contre Gallien, ce qui laisse le champ libre aux incursions terrestres des Francs, qui se lancent également dans des expéditions maritimes, ravageant la baie de Somme, le Cotentin, le Morbihan, les basses vallées de la Seine et de la Loire et même les côtes de la Lusitanie. Ce n'est qu'en 264 que Postumus réussit à mettre fin à ces raids, tant terrestres que maritimes.

La mort de Postumus et les luttes de ses successeurs contre les empereurs légitimes laissent le champ libre aux Francs et aux Alamans qui reprennent leurs pillages en 269. Probus soumet les Alamans en 277, mais ne parvient pas à réduire ni les Francs occidentaux qui occupent la Batavie, ni les Francs transrhénans qui occupent la Toxandrie et les environs de Trèves. En 286, Carausius, un général romain envoyé en Bretagne par l'empereur Maximien et craignant une disgrâce, se proclame empereur.

Afin d'empêcher Maximien de réagir, il s'empare de Portus Itius, s'allie aux Francs et les installe sur les embouchures du Rhin afin de contrôler les deux points qui pourrait permettre à Maximien d'envahir la Bretagne. En 287 ou en 288, Maximien écrase le roi salien Gennobaud qui choisit de se soumettre sans combat, avec tout son peuple.

Maximien accepte sa reddition et installe les Saliens en Toxandrie, à l'embouchure du Rhin derrière le limes en Gaule belgique, d'abord sous le statut de Lètes (soumis à l’autorité impériale), mais ce succès ne lui permet pas de reconquérir la Bretagne, la flotte romaine ayant probablement été malmenée par une tempête. Constance Chlore termine la reconquête de la Bretagne et, ayant eu des problèmes avec quelques Francs, déporte des Chamaves et des Frisons en Gaule dans les pays des Ambiens et des Bellovaques.

En 306, Ascaric et Mérogaise, deux rois francs, probablement bructères envahissent la Gaule, mais Constantin les vainc, les capture et les fait jeter aux fauves à Trèves. Sans doute à la suite de cette victoire, l'empereur romain émet des aurei frappés à Trèves montrant au revers une allégorie de la Francie, effondrée aux pieds d'un trophée d'armes, avec la légende Francia à l'exergue.

Durant le IVe siècle, les invasions continuent mais sont toutes repoussées par l'armée romaine. Un nouveau phénomène apparaît au sein de cette dernière. En effet, les citoyens romains rechignent à s'engager dans l'armée ou simplement à faire leur service militaire, et pour compenser la baisse des effectifs, les empereurs romains engagent des soldats germains qui intègrent l'armée romaine. Nombreux sont les Francs qui s'engagent et certains parviennent aux plus hautes fonctions militaires et politiques :

Fédérés francs et Lètes.

Bonitus, chef franc transrhénan, maître de la milice en 324 qui rendit plusieurs services à Constantin le Grand contre Licinius. Silvanus, fils du précédent, ce qui montre une intégration dans l'empire, est un général qui, accusé de trahison par une faction de la cour, prend peur et se proclame empereur en 355. Deux autres officiers francs, Mallobaud, tribun des Scholes, et Malaric, avaient pris sa défense.

Charietto, chef salien installé à Trèves en 355, organise la défense de la Germanie supérieure contre les incursions des Chamaves, autre peuplade franque. Mérobaud, général franc de 363 à 383, fidèle de l'empereur Julien, puis de Valentinien Ier, consul en 377 et en 383, mort la même année et enterré à Trêves. Teutomer, officier franc de Julien vers 363 Mallobaud, comte des domestiques, puis roi des Francs en 373 et en 378.

Richomer, comte des domestiques, maître de la milice, consul en 384, mort en 393. Bauto, d'origine rhénane, maître de la milice et consul en 385. Arbogast, fils de Bauto et neveu de Richomer. Maître de la milice en 385, il repousse en 393 l'invasion des trois chefs francs rhénans Genobaud, Marcomir et Sunon, mais il fait proclamer empereur Eugène, est battu par Théodose Ier en 394 et se donne la mort. Sa fille Eudoxia Aelia épouse en 395 l'empereur Arcadius.

Les grandes invasions, Francs saliens et Francs rhénans.

Le Ve siècle commence par une période d'accalmie entre les Romains et les Francs. Mais la pression des Huns qui viennent d'Asie pousse les Vandales, les Wisigoths et les Burgondes vers l'ouest. Avec les hivers particuliérement rigoureux de 405 et 406, le Rhin et le Danube sont pris par les glaces, et les Barbares peuvent franchir facilement ces fleuves. Tandis que les Francs rhénans pillent une première fois Trèves, les Francs saliens protègent les provinces romaines de Belgique et de Germanie. Un de leurs chefs, Edobich, se rallie à l'usurpateur Constantin III qui organise la défense contre les envahisseurs.

Les Francs saliens se regroupent ensuite en un seul royaume et sont gouvernés par Théodomir, tué vers 420 par les Romains, puis par Clodion le Chevelu. Profitant du retrait des troupes romaines de Gaule, il conduit son peuple vers le sud et s'empare de Tournai et de sa région. Ils sont cependant arrêtés et battus par Aetius, qui leur accorde un fœdus autour de Tournai. Plusieurs rois s'y succèdent, jusqu'à Clovis qui devient roi en 481.

La migration des Francs saliens, puis le fœdus qui leur est accordé, a pour conséquence d'isoler les Francs rhénans qui, coupés de leurs alliés saliens, se retrouvent seuls face aux Alamans. Entre 431 et 469, ils se regroupent en un seul royaume et négocient une alliance avec le royaume burgonde. Comme Gondioc, roi des Burgondes est également maître de la milice, les Francs rhénans obtiennent le droit de s'implanter sur la rive gauche du Rhin et occupent Cologne, Mayence et Trèves. Plus tard, en 496, ils écrasent les Alamans à Tolbiac avec l'aide de Clovis. Sigebert le Boiteux et Chlodéric, les derniers rois de Cologne, meurent en 508, et les Francs rhénans choisissent le salien Clovis pour leur succéder.

Les Mérovingiens

Parmi les Francs servant l'Empire depuis la fin du IIIe siècle, se trouvent les Francs saliens. Mérovée, ancêtre légendaire et quasi-divin est selon la tradition germanique la principale source de légitimité de leurs souverains qui en descendraient.

Toutefois, au Ve siècle leur roi est aussi devenu proconsul des Gaules, c'est-à-dire un fonctionnaire romain d'origine germanique mais très bien assimilé. Les Francs saliens sont alors solidement établis dans l'ancienne province romaine de Belgique seconde et leurs fonctions militaires leur confèrent un pouvoir important en ces temps troublés : le jeune Clovis (germ. Hlodowec, qui donne par la suite les prénoms Ludovic ou Ludwig en Allemagne et Louis en France) devient leur roi à Tournai, probablement en 481. Mais il lui faut plus que le pouvoir d'essence divine que lui confère la mythologie germanique, pour s'imposer face aux évêques, aux patrices ou à la population gallo-romaine en partie christianisée.

Installé à Soissons, où il a renversé un général romain nommé Syagrius, Clovis est sans doute d'abord sensible aux conseils de sa deuxième épouse, une princesse burgonde nommée Clotilde, convertie au christianisme, et à ceux de l'évêque de Reims, Remi.

Si l'on veut bien croire Grégoire de Tours, c'est au cours d'une bataille importante contre les Alamans, la bataille de Tolbiac, qu'il promet de se convertir à la religion chrétienne s'il est victorieux. Il tient parole et reçoit le baptême à Reims entre 496 et 500 avec, selon Grégoire, plus de 3 000 de ses guerriers et deux de ses sœurs, Alboflède et Lantechilde. Par la suite, il soutient l'homogénéisation religieuse du territoire qu'il domine, en réunissant notamment le premier concile d'Orléans en 511.

Après une suite de victoires sur ses rivaux barbares, notamment sur les Burgondes lors de la bataille d'Autun, Clovis apparaît donc comme l'un des premiers rois germaniques d'Occident à avoir adopté la foi nicéenne, le christianisme romain, contrairement aux Wisigoths ou aux Lombards ariens et aux Alamans païens.

Il parvient ainsi à gagner le soutien des élites gallo-romaines et à fonder une dynastie durable (laquelle prend le nom de son ascendant) : les Mérovingiens.

À la suite des conquêtes de Clovis (royaume de Syagrius, Aquitaine) et de ses fils (Bourgogne, Provence), les Mérovingiens règnent sur la grande majorité de l'ancienne Gaule jusqu'au milieu du VIIIe siècle. Leurs souverains les plus connus sont : Brunehilde (ou Brunehaut), reine entre 566 et 613, et Dagobert Ier, roi de 629 à 639. À cette époque, comme sous la dynastie suivante, il n'est pas question de « France », mais bien d'un « royaume des Francs » : les rois germains, en effet, ne règnent pas sur un territoire, mais sur des sujets

Les Carolingiens

Dès le début du VIIe siècle, la politique est marquée par des querelles sanglantes entre les Francs neustriens (au nord-ouest) et austrasiens (au nord-est). Les derniers rois mérovingiens parviennent difficilement à s'imposer à leur aristocratie, la puissance foncière de certaines grandes familles leur assurant en effet une influence grandissante sur leurs pairs. La culture latine a progressivement régressé au cours des deux siècles précédents. Une crise économique sans précédent a mis à mal l'ensemble des repères de l'Occident antique : elle est notamment due à la fermeture des routes commerciales avec le monde méditerranéen à cause des conquêtes arabes.

C'est dans ce contexte que commence l'ascension d'une nouvelle famille : les Pippinides. Dès le deuxième quart du VIIe siècle, un certain Pépin de Landen s'empare de la mairie du palais d'Austrasie. Son petit-fils Pépin de Herstal et surtout son arrière-petit-fils Charles Martel exercent la réalité du pouvoir, respectivement de 690 à 714 et de 717 à 741. Charles Martel va même jusqu'à se passer de roi de 737 à sa mort en 741 et son fils Pépin le Bref ne rappellera un roi mérovingien (Childéric III) en 743 que pour le détrôner publiquement huit ans plus tard, avec l'aval du pape Zacharie. Cette dynastie devient celle des Carolingiens, du nom de Charlemagne, le fils de Pépin le Bref. Soucieux de légitimer leur coup d'État, les Pippinides prétendent descendre de Francus, un Troyen légendaire, se rattachant par là à l'histoire de Rome. Dans le même but, Eginhard, conseiller et biographe de Charlemagne, s'attellera à discréditer la dynastie mérovingienne en créant la légende des rois fainéants.

Le pouvoir des Carolingiens marque l'entrée réelle dans le Moyen Âge: le centre du pouvoir se déplace vers l'est, des cités épiscopales antiques vers les domaines ruraux des comtes carolingiens. Il est remarquable que dans le même temps, les hommes de lettres, conscients de la désagrégation de la culture classique antique, tentent de la faire renaître : c'est la Renaissance carolingienne. Charlemagne, le deuxième et plus prestigieux souverain carolingien est lui-même couronné Empereur des Francs et des Romains en l'an 800 à Rome. Mais il est difficile de voir dans son Empire, une véritable "renaissance de l'Empire romain" (renovatio imperii).

Du royaume des Francs au royaume de France

En 842, les serments de Strasbourg, prêtés entre deux des petits-fils de Charlemagne, héritiers de l'Empire qui se déchirent, témoignent de l'usage de langues qui sont totalement différentes à l'ouest et à l'est. Ils sont suivis du traité de Verdun en 843, qui consacre de fait la division de l'Empire carolingien en trois royaumes, parfois qualifiés par les historiens de Francie occidentale, Francie orientale et Francie médiane.

À partir de 911, sous Charles III le Simple, le plus occidental des royaumes francs issu du partage de Verdun en 843, que certains historiens qualifie de Francie occidentale, revendiquera seul de façon continue l'héritage du royaume des Francs de Clovis et Charlemagne par la titulature permanente de ses rois se proclamant tous rois des Francs. Ce royaume des Francs où la notion de Franc a perdu du fait des mariages mixtes entre Gallo-romains et Francs toute connotation ethnique dès le VIIe siècle, conservera ainsi seul le nom de Francia ou France (officiellement, dès le règne de Louis IV).

Au Xe siècle, l'arrivée au pouvoir d'une dynastie saxonne, les Ottoniens, en Germanie, et celle des Capétiens en Francie occidentale marquent la fin de la dynastie des Carolingiens. Les Capétiens revendiqueront comme les derniers Carolingiens le titre de roi des Francs. Le terme Francs reste en usage pour distinguer les habitants de la France durant le Moyen Âge et c'est par le nom de franj que les chroniqueurs arabes décrivent au XIIIe siècle les croisés, venu en majorité du royaume de France, directement issu du royaume des Francs.

Le peuple franc (Physionomie) ( Article 3 )

Différents auteurs décrivent l'aspect et les caractéristiques physiques des Francs tel leur contemporain Sidoine Apollinaire « Ils ont la taille haute, la peau blanche, les yeux bleus, ils se rasent entièrement le visage, sauf la lèvre supérieure où ils laissent pousser deux petites moustaches ; leurs cheveux, courts derrière et longs devant, sont d'une blondeur admirable ; leur vêtement est si court qu'ils ne leur couvre même pas le genoux, et si serré qu'il laisse voir la forme de leur corps ; ils portent une large ceinture où pend une lourde épée, très tranchante».

Au XIXe siècle, Chateaubriand dans son sixième chant des Martyrs se plaît à imaginer leur aspect : « Parés de la dépouille des ours, des veaux marins, des aurochs et des sangliers, les Francs se montraient au loin comme un troupeau de bêtes féroces. Une tunique courte et serré laissait entrevoir toute la hauteur de leur taille, et ne leur cachait pas les genoux. Les yeux de ces Barbares ont la couleur d'une mer orageuse ; leur chevelure blonde, ramenée en avant sur leur poitrine, et teinte d'une liqueur rouge, est semblable à du sang et à du feu. La plupart ne laisse croître leur barbe qu'au-dessus de leur bouche, afin de donner à leurs lèvres plus de ressemblance avec le mufle des phoques et des loups ».

Les ethnies de la ligue des Francs

Les peuples qui constituaient la ligue des Francs sont supposés être : les Chamaves ; les Chattuaires ou Hattuaires; les Bructères; les Ansivariens ou Ampsivariens; les Saliens. Ce peuple, cité plus tardivement que les autres, pourrait être une nouvelle dénomination d'un autre peuple, comme les Chamaves ou les Chauques.

À ce noyau initial de peuples francs se sont rajoutés plus tardivement trois autres peuples : les Tubantes ;   les Tenctères;    les Usipètes.

L'historien belge Godefroid Kurth mentionne d'autres peuples, mais qui sont des peuples de la Germanie inférieure qui n'ont pu se fondre parmi les Francs qu'à la fin du IIIe siècle, après l'occupation de cette province (devenue la Toxandrie) par les Francs : ce sont les Tongres et les Ubiens.

Kurth et Werner comptent également les Sicambres ou Sugambres parmi les peuples francs. Ce peuple, combattu par César et ses successeurs, n'est plus mentionné après le Ier siècle. Il est probable qu'il se soit fondu dans les peuples germains voisins (Saliens, Ubiens, et Tongres), réminiscence d'où serait venu l'apostrophe de saint Remi en baptisant Clovis: «Courbe la tête, fier Sicambre, abaisse humblement ton cou. Adore ce que tu as brûlé et brûle ce que tu as adoré ».

Les Chérusques sont parfois rattachés aux Francs alors que certains les mentionnent comme faisant partie des Saxons.

Les Chauques, établis au nord-est des Frisons, sont plus souvent rattachés aux Saxons qu'aux Francs. Cependant, l'historien Jean-Pierre Poly a proposé de voir en les Saliens une tribu chauque qui a quitté son peuple pour rejoindre les Francs. L'historien allemand, Karl Ferdinand Werner, estime que les Chauques ont constitué l'élément central de la Ligue des Francs, au point que les deux termes sont confondus par les Romains, avec pour conséquense que leur chroniques ne parlent plus des Chauques. Les Chattes et les Bataves comptent éventuellement parmi les Francs.

Plus tard une partie des Francs, déplacée vers l'ouest, se fondra avec les saliens des rivages du nord de la Gaule ; on parlera des Francs Saliens à l'ouest

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 14:56

Les origines de notre pays se perdent dans la nuit des temps préhistoriques. Son principal peuplement provient de deux grandes migrations. Tout d'abord, celle des Celtes et, plus tard, celle des Germains.

LES CELTES : 

Originaires de l'Europe de l'est, probablement, ils se sont répandus, à partir du   VIIIème siècle avant J-C, vers l'ouest et, c'est vers le Vème siècle avant J-C qu'ils ont dû apparaître dans nos régions et s'assimiler aux autochtones devenant "les Gaulois"... et le pays "la Gaule" ! Les Celtes étaient des peuples civilisés, guidés par une noblesse guerrière et des "prêtres" instruits, les druides.
Les armes et bijoux, retrouvés dans les tombeaux, montrent la richesse de cette Civilisation. S'ils avaient une Religion et des coutumes semblables, les nombreuses tribus Gauloises étaient cependant très souvent en guerre les unes contre les autres.

 

C'est seulement vers le milieu du 1er siecle   avant J-C qu'un jeune chef de la tribu des Arvernes (d'où le nom actuel de l'Auvergne), Vercingétorix, devant l'invasion des légions romaines de Jules César, réussit à convaincre les principaux chefs des tribus gauloises de s'unir pour résister à l'envahisseur. 

Certains historiens voient là une première tentative de création d'un "état" sur notre territoire....

LA GAULE ROMAINE 

Mais, après la défaite d'Alésia (-52), la Gaule tombe sous la domination romaine et, administrée par Rome, est divisée en provinces.

Cependant, les Romains ne sont pas des conquérants destructeurs ; au contraire, ils assimilent les peuples conquis, les enrôlent dans l'armée, forment des administrateurs, leur font bénéficier de leur Civilisation "de confort" (thermes, routes, aqueducs,... Si bien que les Gaulois vont devenir des   Gallo-Romains!

Avec cette romanisation la "Paix romaine" va s'installer dans le pays pendant plus de trois siècles et la Gaule va se développer en s'enrichissant.

Cependant, elle devra faire face, plusieurs fois, à des envahisseurs, des Barbares venus du Nord, qui, du IIIème au vème siècles ravageront le pays.

De nombreux témoignages de la Civilisation gallo-romaine subsistent en France, particulièrement grâce aux monuments dans de nombreuses villes et surtout dans le sud-est (Gaule romaine).

Au début du Vème siècle, les Barbares, venus du nord, vont à nouveau déferler sur l'Europe et détruire, peu à peu, l'empire romain; c'est la seconde grande migration qui verra le peuple Franc (des GERMAINS) s'assimiler aux gallo-romains.

LES GRANDES INVASIONS

Au début du Vème siècle, les Barbares (ce nom signifie simplement "étrangers" pour les Romains), venus du Nord (et de l'Est), vont attaquer et conquérir l'empire romain d'occident (la partie orientale, qui a pour capitale l'ancienne Byzance, Constantinople, l'actuelle Istanbul, ne sera pas conquise à cette époque et subsistera jusqu'au XVème siècle ; on l'appellera l'empire Byzantin).

Certains de ces peuples, pour la plupart Germaniques, traverseront la Gaule et la péninsule ibérique (actuels Espagne et Portugal) ainsi que la Méditerranée pour s'installer en Afrique du Nord; ce sont les Vandales dont le nom est resté synonyme de destructeur! Les Ostrogoths conquerront ce que nous nommons maintenant l'Italie (prise de Rome en 476), les Wisigoths s'installeront dans le sud-ouest de la Gaule, les Burgondes dans le sud-est et les Francs au nord et nord-est. A l'ouest subsiste le royaume romain du général Syagrius.

Tous ces Barbares ne sont pas seulement des conquérants, mais aussi des agriculteurs venus chercher de bonnes terres à cultiver.

Au cours de leur progression, ils s'allieront souvent avec les Romains pour repousser d'autres envahisseurs (tels, les Huns) ou pour asseoir leur autorité sur un territoire. Cette politique va leur permettre de se "romaniser" et, pour certains, de se christianiser.

Les Huns Ce sont des guerriers nomades, venus d'Asie, poussant devant eux d'autres Barbares (Ostrogoths, Wisigoths...). Ils inspirent la terreur en raison de leur férocité . On dit de leur chef, Attila, que "où il passe l'herbe ne repousse pas". En 451, les Romains et Barbares (Francs, Burgondes, Wisigoths), alliés, les vaincront définitivement à la bataille des Champs Catalauniques (près de l'actuelle Troyes).

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 09:46

                                       (Préhistoire et histoire de l’humanité) ( 14 articles ) Sédentarisation et agriculture ( 1 )

Entre l'an 12.500 et l'an 7.500 avant JC, de petites communautés humaines commencent à se grouper dans des villages permanents. Puis elles développent l'agriculture en complément de la chasse, de la pêche et de la cueillette. Elles pratiquent ensuite l'élevage et enfin cultivent les arts du feu, notamment la poterie et la métallurgie du bronze.

Les hommes cessent d'être seulement des prédateurs qui puisent leur subsistance dans la nature. Ils deviennent des producteurs qui renouvellent ce qu'ils consomment (graines, gibier) par les semis et l'élevage. Ce changement est observé au Moyen-Orient et presque simultanément en Chine du nord, au Sahara et dans la Cordillère des Andes.
Jeanne Laffont.

Avant l'agriculture

Avant que ne survienne ce changement, les premiers hommes vivaient dans des abris sous roche et tiraient leur subsistance de la chasse, de la pêche et de la cueillette... Ainsi vivaient par exemple les hommes qui décorèrent les grottes de Lascaux et d'Altamira (16.000 ans avant notre ère).

Nomades et peu nombreux (quelques centaines de milliers en tout et pour tout), ils parcouraient la terre en quête de nourriture. Ils jouissaient sans trop de mal des fruits de la Terre, d'autant qu'après la dernière glaciation, qui remonte à 16.000 ans avant JC, le réchauffement du climat avait favorisé dans les zones tempérées la prolifération du gibier, des céréales (blé et orge) et des légumineuses (pois ou lentilles).

Ces premiers hommes utilisaient des pierres et des os pour se défendre, découper la viande et déterrer les racines. Pour rendre ces outils rudimentaires plus coupants et plus pointus, ils les taillaient avec du silex (une pierre extrêmement dure). Cette lointaine époque est pour cela appelée l'Âge ancien de la pierre taillée, ou Paléolithique (du grec palaios, ancien, et lithos, pierre). Elle a duré 20.000 ans.
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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 09:34

                                      Mines à silex ( 2 )

Le silex, roche siliceuse très dure, est présent sous forme de gisements dans certains sols calcaires. Il a été très utilisé par les premiers hommes et même, au temps des pharaons, par les Égyptiens.

Les meilleurs gisements étaient exploités comme des mines de charbon et la précieuse pierre faisait l'objet d'échanges commerciaux. On peut voir une reproduction de mine de silex à Samara, près d'Amiens.
Premiers villages

Tout change vers 12.500 ans avant JC. Le changement est si important que les préhistoriens le qualifient de «révolution néolithique».

Le mot Néolithique a été forgé en 1865 par le banquier et naturaliste sir John Lubbock à partir du grec neos, nouveau, et lithos, pierre. Il signifie l'Âge nouveau de la pierre polie et fait suite au Paléolithique... l'Âge ancien de la pierre taillée.

Le Moyen-Orient se couvre à cette époque-là de graminées (céréales) et l'«on a pu calculer qu'une personne pouvait récolter en deux semaines assez d'engrain sauvage pour nourrir une famille de quatre personnes pendant un an»

Au Proche-Orient, dans la région du Jourdain, certaines communautés profitent de cette nourriture abondante à portée de main pour habiter à plusieurs familles dans un village permanent plutôt que de se déplacer sans cesse et de dormir dans des abris de fortune. Ils choisissent de vivre groupés mais sans rien changer à leur pratique de chasseur-cueilleur.

Ces villages marquent le début d'une période charnière appelée Mésolithique (du mot grec mesos qui signifie milieu).
L'archéologue Jean Perrot a mis à jour le site d'un tel village à Mallaha, au nord d'Israël, en 1955. Il s'agit d'un hameau de cinq ou six maisons rondes, semi - enterrées et en dur, construit entre 12.500 et 10.000 avant JC.

Des hameaux similaires ont été aussi mis à jour près du Mont Carmel et sur le site de Ouadi en-Natouf d'où l'appellation de Natoufiens donnée par les savants aux représentants de cette lointaine culture.

«Par leur sédentarité, ces groupes accrus s'enracinent en outre dans un milieu stable, où la société des morts, dont témoignent les premiers cimetières mêlés aux habitants, renforce métaphoriquement celle des vivants et peut légitimer en quelque sorte son implantation fixe», écrit Jacques Cauvin
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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 09:30

                                      Rencontre du chien et de l'homme ( 3 )

Avec les Natoufiens du Mont Carmel (Israël), qui vécurent 10.000 ans avant JC, nous découvrons le plus ancien ami de l'homme : le chien. C'est le premier exemple de domestication animale... Les hommes du Mésolithique ont attendu trois mille ans avant de domestiquer un nouvel animal : la chèvre !

Au cours du demi -millénaire suivant (10.000 à 9.500 avant JC), dans la même région, les Khiamiens multiplient les représentations de femmes. Il s'agit de figurines en calcaire assimilables à une déesse Mère. Elles cohabitent avec des représentations de taureaux, le taureau étant le symbole de la force virile et indomptable.

Les cultes de la déesse Mère et du taureau se diffusent de concert... de même que la vénération des crânes.

Premiers semis

Après qu'ils aient commencé à se grouper dans des villages permanents, les hommes ont commencé à pratiquer l'agriculture. Les archéologues ont repéré les premiers signes d'une domestication des céréales chez les Khiamiens de l'oasis de Damas.

De tous temps, les hommes avaient observé qu'une graine tombée dans le sol générait une nouvelle plante mais ils n'avaient pas exploité cette observation. Cette fois, les villageois prennent l'initiative de récolter des graines et de les semer sur place ou à proximité de leurs habitations.

C'est le début de l'agriculture. Les origines de ce changement ne sont pas complètement élucidées mais le préhistorien Jacques Cauvin peut toutefois affirmer que «le passage à l'agriculture n'est pas, à ses débuts, une réponse à un état de pénurie»

Plantes sauvages, plantes cultivées

Le tournant agricole se repère à la modification des caractères génétiques des restes végétaux qu'ont retrouvés et analysés les archéologues.

Les céréales sauvages ont des graines qui, à leur maturité, s'envolent d'elles-mêmes au premier souffle de vent. C'est la condition de leur reproduction. Or, les hommes, quand ils récoltent les graines mûres en vue de leur consommation ou d'un semis volontaire, prennent, par la force des choses, les graines qui sont restées attachées à l'épi du fait d'une mutation génétique rare.

C'est ainsi que les céréales mutantes caractérisées par un rachis solide (le rachis désigne la fixation de la graine à l'épis) tendent à se multiplier dans les zones cultivées, au détriment des céréales ordinaires. C'est à ce phénomène que les archéologues reconnaissent l'existence de pratiques agricoles.
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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 10:02

                                  Révolution culturelle ( 4 )

Des deux millénaires qui s'écoulent entre 9500 et 7500 avant JC, il nous reste des vestiges remarquables sur le site de Jéricho, la plus ancienne des villes actuelles, comme sur celui de Mureybet, au bord de l'Euphrate (l'Irak actuel).

Selon les propos de Jacques Cauvin, ces vestiges témoignent d'un véritable choc culturel avec la banalisation de l'agriculture, l'apparition de l'élevage et le développement d'une civilisation urbaine, avec aussi une hiérarchie sociale et une segmentation par profession.

Une nouvelle architecture émerge avec des maisons à plan rectangulaire. La forme ronde est dès lors réservé aux maisons communautaires ou aux sanctuaires (comme aujourd'hui le chevet des églises ou le mirhab des mosquées).

Les maisons rectangulaires non enterrées et les premières chèvres domestiquées témoignent de la volonté des hommes de s'affranchir des éléments naturels et de les dominer.

La révolution néolithique se diffuse assez vite du Levant (la région du Jourdain) vers l'Anatolie (la Turquie actuelle). On en trouve les traces à Cayönu et Nevali ainsi qu'à Catal Hüyük. Le site archéologique de Catal Hüyük, près du lac de Konya montre des maisons resserrées, auxquelles on accède par le toit (à cause du climat froid de la région).

Ce village aurait été fondé vers 7.500 avant JC. Enfin, entre 7.500 et 6.200 avant JC, c'est l'explosion, le «grand exode» ! Des migrants diffusent l'économie urbaine et agro-pastorale du néolithique au-delà du Moyen-Orient, vers l'Europe comme vers les monts Zagros (Iran).

L'émergence au Néolithique de la sédentarisation et de l'agriculture a partout des conséquences incalculables sur l'organisation sociale. Il faut que chacun se prémunisse contre le risque de se faire dépouiller de ses cultures et de ses provisions. Ainsi naissent la propriété et le droit qui s'y attache !
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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 09:56

                                    Vers l'âge des métaux ( 5 )

La révolution néolithique se clôt avec l'apparition de la poterie et des premiers objets métalliques.

- poteries et céramiques :

Moulées à la main (sans tour) et cuites au four, les premières poteries sont fragiles. Elles n'en permettent pas moins des changements culinaires importants en autorisant la préparation de soupes et bouillies.
Notons que la poterie surgit au Japon dès le XIIe millénaire avant JC et dans le Sahara au IXe millénaire, soit bien avant l'invention de l'agriculture !

- Travail des métaux :

Pour travailler la terre, les paysans utilisent des outils de plus en plus spécialisés : houe, faucille,... Ces outils sont en bois, en pierre polie, voire en bronze.

Dès 4.500 ans avant JC, les hommes du Levant s'aperçoivent qu'en faisant fondre certaines roches (il s'agit de minerais), ils obtiennent un matériau mou et malléable à chaud qui devient très dur et résistant en refroidissant. Quand il est bien modelé à chaud, ce matériau (le métal) rend plus de services que la pierre taillée ou polie. Le premier métal qu'apprennent à travailler les hommes est le bronze. C'est ainsi qu'après l'époque néolithique vient l'Âge des métaux.

Vers des métiers spécialisés :

Les paysans font appel à des artisans spécialisés pour leur fournir les outils et les vêtements dont ils ont besoin. Ces artisans tissent la laine du mouton ainsi que des fibres végétales comme le lin ou le chanvre, pour en faire des vêtements. D'autres fabriquent des poteries en terre cuite pour conserver les céréales et l'huile ainsi que pour cuire les aliments...

Au Moyen-Orient, au bout de quelques milliers d'années, les pluies se faisant plus rares, les populations d'agriculteurs se concentrent dans une région en forme de croissant que nous appelons pour cette raison Croissant fertile.
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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 09:50

                                      Le Croissant fertile ( 6 )

Dans cette région aujourd'hui en grande partie désertique qui va de l'Égypte à la Mésopotamie (l'Irak actuel) sont nées les villes, l'agriculture et l'écriture !

Dans ce Croissant fertile, de grands fleuves favorisent l'irrigation des champs et compensent la raréfaction des pluies. Ces fleuves sont le Nil, qui traverse l'Égypte, le Jourdain, qui baigne la Palestine et surtout le Tigre et l'Euphrate dont le bassin forme la Mésopotamie (aujourd'hui l'Irak).

L'écriture, apparue presque simultanément en Mésopotamie et en Chine, 3 à 4.000 ans avant notre ère, engendre les premiers États avec un embryon d'administration. L'humanité entre dans l'Histoire...

La Bible et la révolution néolithique

La Bible des Hébreux, ensemble de textes faisant référence à des événements immémoriaux, témoigne, d'après le préhistorien Jacques Cauvin, d'une singulière concordance avec le déroulement de la révolution néolithique.

Ainsi la découverte de la nudité par Adam et Ève serait-elle assimilable à la révélation de la finitude de la vie ; la perte du jardin d'Eden traduit l'éloignement de la divinité (opposition architecturale entre le cercle et le rectangle) ; Caïn illustre l'avènement de l'agriculture et Abel, son frère cadet, de l'élevage.

3300 avant JC «L'Histoire commence à Sumer»

«L'Histoire commence à Sumer» selon la formule célèbre de l'historien américain Samuel Noah Kramer.
Située au sud de l'Irak actuel, Sumer est une région de l'antique Mésopotamie, une expression qui veut dire : «le pays d'entre les fleuves», d'après les mots grecs méso, (milieu), et potamos (fleuve).

Cette région du Moyen-Orient, très ensoleillée et manquant de pluies, doit son nom au fait qu'elle est traversée par deux grands fleuves, le Tigre et l'Euphrate. Ces fleuves ont attiré très tôt de nombreuses communautés humaines et favorisé le développement de l'agriculture.
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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 19:11

                                     Our, la cité d'Abraham ( 7 )

Dans cette région aujourd'hui en grande partie désertique qui va de l'Égypte à la Mésopotamie (l'Irak actuel) sont nées les villes, l'agriculture et l'écriture !
Ourouk, première cité - État

Vers 3.300 avant JC, se produit la révolution urbaine avec l'apparition, dans la région de Sumer, de nombreuses cités avec une organisation sociale hiérarchisée, dominée par un roi - prêtre. Ces communautés pratiquent le culte de la déesse de la fécondité.

L'une des plus prestigieuses de ces cités - États est Ourouk (en anglais Uruk, Érek dans la Bible, aujourd'hui Warka). Peuplée à son apogée de plusieurs dizaines de milliers d'habitants, elle a engendré la légende épique du roi - héros Gilgamesh. Cette légende évoque un déluge semblable à celui dont parle la Bible.

Ourouk est aussi à l'origine de la première écriture de l'histoire humaine. Il s'agit de signes gravés avec la pointe d'un roseau sur des tablettes d'argile humides qui sont ensuite séchées au soleil ou cuites au four. Ces signes sont en forme de clous ou de coins d'où le qualificatif de cunéiforme donné à cette écriture (d'après le latin cuneus, qui signifie coin).

Our, la cité d'Abraham

Sur les bords de l'Euphrate se développe au cours du millénaire suivant, la cité d'Our. De cette cité serait originaire Abraham, à l'origine du peuple hébreu !
La nécropole d'Our témoigne de la grandeur de la civilisation sumérienne. Avec environ 2.000 tombes dont beaucoup richement meublées et décorées, elle est contemporaine des pyramides d' Égypte (2700 à 2500 avant JC)...

Nous avons conservé de l'époque sumérienne de nombreux cylindres-sceaux, des milliers de tablettes d'argile recouvertes de caractères cunéiformes et bien sûr d'innombrables oeuvres d'art : représentations de dieux et de rois.

Les apports de Sumer s'étendent à l'astronomie et au calcul. Bénéficiant d'un ciel très pur, les habitants de la région ont pris le temps d'observer les astres. Ils sont devenus très férus d'astronomie et nous leur devons la division sexagésimale du temps et du cercle : 60 minutes dans une heure, 24 heures dans une journée, 360 degrés dans un cercle...

À la lumière de toutes ces avancées civilisatrices, on conçoit que les auteurs de la Bible aient situé le paradis terrestre en Mésopotamie, sur le site actuel de Bagdad
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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 18:59

                                       Déclin et renaissance de Sumer ( 8 )

Grâce à l'écriture, les chefs des cités sumériennes transmettent plus facilement leurs ordres à leurs soldats et à leurs adjoints. Personne ne peut faire mine d'ignorer ces ordres. L'autorité des chefs s'accroît et conduit à la naissance de véritables États avec une administration efficace et des sujets obéissants.

Pendant le IIIe millénaire avant JC, les cités -États de Sumer ne cessent de se combattre entre elles un peu comme les républiques urbaines de l'Italie de la Renaissance. Ces rivalités vont causer leur chute.

Vers 2300 avant JC, la région de Sumer est soumise par un conquérant venu du pays d'Akkad, au nord de la Mésopotamie. Il s'agit de Sargon 1er, roi d'Agadé. Les nouveaux maîtres, les Akkadiens, semblent être des Sémites venus de la péninsule arabe. Leur langue est parente de l'arabe comme de l'hébreu. Ils tirent leur supériorité militaire de la maîtrise de l'arc.

Le déclin rapide de la dynastie akkadienne entraîne une renaissance des cités sumériennes, à commencer par Our. L'une des principales rivales d'Our est Lagash, dont le prince le plus célèbre est Goudéa. Nous en avons gardé de nombreuses et belles représentations en calcite.
Au tournant du IIIe millénaire au IIe millénaire, après l'an 2000 avant JC, les cités sumériennes vont laisser place à une cité de Mésopotamie centrale promise à la plus glorieuse des destinées :

Babylone De la ziggourat à la tour de Babel

Vers 5000 avant JC apparaissent en Mésopotamie des temples à plateforme. Ils vont donner naissance au fil du temps à un modèle architectural appelé à faire date : la ziggourat. Il s'agit d'un temple édifié sur une pyramide à étages, à base carrée. L'ensemble est construit en briques, comme tous les édifices de la région.
Les premières ziggourats sont bâties à Our, Ourouk et Nippur vers 2100 avant JC, par le roi Our -Nammou. À Ourouk, la ziggourat se tient au cœur d'un sanctuaire appelé Eanna, voué à la déesse Inanna (ou Innin).


Au fil du temps, les ziggourats vont se multiplier en Mésopotamie du sud. En briques, elles se feront de plus en plus élevées, par addition d'étages, jusqu'à atteindre la hauteur de 90 mètres pour celle de Babylone, Etemenanki (Temple des fondations du ciel et de la terre), dédiée au dieu Mardouk.

La ziggourat de Babylone est à l'origine du mythe biblique de la tour de Babel (les premiers hommes auraient élevé cette tour pour atteindre le ciel et défier Dieu ; celui-ci les aurait punis de leur arrogance en détruisant la tour et en leur faisant parler des langues différentes de façon à les diviser à jamais). Le minaret de l'ancienne mosquée de Samarra (Irak), construit au IXe siècle, a inspiré les représentations modernes de la tour de Babel.

Bibliographie
On peut lire sur la Mésopotamie ancienne l'ouvrage -culte de Samuel Noah Kramer : L'Histoire commence à Sumer (Arthaud). Je recommande aussi l'Atlas de la Mésopotamie et du Proche-Orient ancien (Michael Roaf, Brepols, 1991), clair et riche en documents.
Alban Dignat.
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