Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 17:53

Étude théologique du livre des Juges.         dans religion debora1

‘’Et maintenant appelle-moi le Générale BARAK fils de Abinoam. Dite-lui que je doit lui parler au nom du Seigneur notre Dieu.’’ La prophétesse Deborah selon la « Sacra Bibbia a fumetti » de la San Paolo (1997)

Titre du livre

Le livre des Juges couvre une période d’environ deux cents ans d’histoire allant du XIIIe siècle avant J.-C. à 1030 avant JC, la date du début de la monarchie. Laissait derrière la glorieuse épopée de la conquête de la Terre promise, il commence à l’existence d’Israël en Terre Sainte, entouré par des ennemis internes et externes de toutes sortes.

La conquête n’avais pas été définitive, tel que mentionné, et les populations indigènes Cananéennes n’attendait que le moment de la vengeance. Pour cette raison, la Bible relate, que les différentes tribus d’Israël ont élus, souvent indépendamment les uns des autres, des dirigeants appelés juges (Shofetim), qui réunissait en eux-mêmes le pouvoir politique, le militaire et le pouvoir judiciaire, dont le nom. Et donc, avant que les livres des Rois, voici le livre des Juges.

Structure de l’Œuvre

Le livre se présente assez hétérogène, composé d’une juxtaposition de récits très archaïques et de remaniements plus anciennes des épisodes historiques fidèlement transmises et de constructions mythologiques, prose secs et essentielle et beaux passages poétiques.

L’introduction est double: une historico -géographique et une du type doctrinal, suivie d’une longue série de humiliations subies par le peuple d’Israël dans les longues décennies durant lesquelles Israël n’est pas encore une nation, mais seulement une blende fédération de tribus, souvent en conflit entre eux. L’auteur donne une explication religieuse à l’échec des Juifs:

c’est l’infidélité à Dieu qui provoque l’abandon d’Israël entre les mains des ennemis.

C’est juste dans ces moments de crise qui sortent des figures charismatiques, destinées à répondre aux assauts des ennemis en donnant compacité, solidarité et de la fermeté aux différents clans et tribus. Le livre présente treize de ces figures, dont cinq sont définis les juges Majors, et huit juges mineurs, à cause de l’ampleur donnée à leur gestes. Avec Barak, le bras armé de Deborah, le nombre total arrive au nombre symbolique de quatorze.

Bien sûr, les chiffres mentionnés dans le livre, qu’ils soient grands leaders ou simples chefs de clans de nomination récente ne renferme sûrement pas la liste de tous les personnages historiques qui ont jugé les tribus du treizième aux onzième siècle av. JC, l’auteur reporte seulement les principaux, ou ceux dont il avait entendu parler, en essayant ainsi de combler le vide entre Moïse et Samuel.

Les Juges Majeurs sont: Deborah, Gédéon, Abimélec, Jephté, Samson

Les Juges Mineurs sont: Othniel, Ehud, Shamgar, Tola, Jair, Ibzan, Elon, Abdon. A eux vont s’ajouter Eli et Samuel, mentionné dans le premier livre de Samuel.

Deborah

Deborah (chapitres 4-5) est opposé à Jabin, roi de la ville cananéenne de Hazor, qui tyrannise les tribus du nord avec son armée, dirigée par le puissant général Sisera. La gloire de la ville cananéenne de Hazor a été mis au jour par les fouilles archéologiques. De l’histoire de Deborah (« abeille »), la première femme à devenir juge, mais également décrite comme une «prophétesse (Juges 4:4)!, Nous sont donnée deux versions, l’une en prose, au chapitre 4, et l’autre en poésie, Le chapitre 5, un beau poème qui, selon certains, est très ancien et est l’une des premières pages de la Bible qui nous ont été transmis et mis par écrit.

Le bras armée de Deborah et Barak (« rayon » de soleil), chef de l’armée d’Israël et responsable de la défaite de Sisera qui, en essayant de sauver sa vie par la fuite, se réfugie chez Heber le Kénite (et donc un descendant du Caïn de la Genèse), un étranger qui, cependant, a une femme juive, Jaël. Ceux-ci le tue, lui fracassant la tête avec un piquet de tente: une scène macabre maintes fois reprises dans l’histoire de l’art.

Historiquement, on pense que l’épisode reflète les guerres victorieuses menées par les tribus du nord contre les villes Cananéens encore puissants et pas de tout soumises, comme le laissé croire plutôt le livre de Josué.

Gédéon

Gédéon (chapitres 6-8), de la tribu de Manassé, ils doit par contre s’opposer aux Madianites, un peuple nomade du désert du Sinaï, qui est traditionnellement hostiles à Israël, nonobstant que de celui-ci provenaient même la femme de Moïse, Séphora: dans ce cas, les hostilités se traduisent avec la destruction des cultures. La vocation de Gédéon suit le modèle de nombreux autres appels bibliques, y compris ceux du Nouveau Testament. Gédéon reçoit l’épithète de Jerubbaal (« que Baal juge») parce que, après l’appel de Dieu, a cassé l’autel du dieu païen construit par son père, mais celui-ci, à ceux qui voudrait se venger de Gédéon, il a répondu: «Voulez-vous défendre Baal ? S’il est un dieu, il va s’en occuper lui-même de se venger, car il a été démoli son autel! » (Juges 6:31)

Avant ses exploits de guerre, Gédéon invoque plusieurs fois un signe de la part de Dieu: la rosée qui mouille la toison seulement, et tout le terrain autour à sec. Ou alors à l’envers, seul la toison est au sec et tout autour est mouillée. Ensuite avec seulement 300 hommes face aux Madianites en grand nombre, il les disperse. De Gédéon on parle de deux campagnes: l’une à l’ouest (chapitre 7) et l’autre à l’est du Jourdain (ch. 8). À ces victoires on retrace le rôle hégémon d’Éphraïm parmi les tribus du nord. En tout cas, il refuse l’élection à roi, car il dit: «le Seigneur est votre chef» (Jg 8:23).

gedeone1vello dans religion

La toison de Gédéon bas-relief du Dôme de Orvieto, XIV secolo

Abimélec

Par contre Abimélec (chapitre 9), fils de Gédéon et d’une concubine de Sichem, va essayer de s’imposer comme roi, au moins de cette ville; le livre apporte la légende selon laquelle il aurait tué ses soixante-dix frères (!) pour ne pas avoir de rivaux qui puissent prétendre à ce trône. Il convient de noter que dans Juges 9:2 Abimélec appelle à convocation « les seigneurs de Sichem, » c. à d. la noblesse: cela montre ce que nous dit l’archéologie, c. à d. qu’elle nous apprend que dès le début de l’occupation de la terre promise, elle était divisé en cités- état avec une sorte d’auto -gouvernement du tipe oligarchique, comme les cités état grecques.

Probablement il s’agit de riches propriétaires terriens comme les sénateurs romains, ou des marchands qui sont devenus riches grâce au commerce: une situation sociale qui s’adapte très bien à une ville prospère comme Sichem, mais qui était complètement étrangère à la structure tribale des Israélites, bergers et agriculteurs .

L’auteur Deutéronomiste, à qui nous devons aussi le livre des Juges, ne voit la monarchie que en tant qu’institution d’origine divine, et le roi comme «vicaire» de Yahvé sur la terre; la décision unilatérale de Abimélec pour devenir roi est donc complètement désapprouvé. Jotham, le seul fils de Gédéon échappé au massacre ordonné par Abimélec, répond alors en racontant une parabole, une véritable fable sur le modèle de celles d’Ésope et Phèdre, où à parler sont les arbres : probablement un texte antecedant le livre des juges, qui font partie de la riche tradition des fables judaïques et insérés ici pour expliquer quel genre de pouvoir exercera le souverain. En fait, les arbres fruitiers refusent la couronne du monde végétal, et à l’accepter c’est seulement le ronce terrible et épineux.

Cependant Abimélec aura la fin de tous les tyrans de tout âge et de toute nation, un « mauvais esprit » (envoyé par Dieu dans la re-lecture théologique que la plume du Deutéronomiste, fait de l’histoire sacrée) met la discorde entre le tyran et les Sichémites, en réalité ils se sont rebellés à son autocratie, et Gaal, fils d’Obed (peut vouloir signifier « fils d’un esclave») est celui qui organise un coup d’État contre lui.

Abimélec donne l’assaut aux murs de Sichem et les prend, mais après il ose trop en donnant l’assaut à Thébets, forteresse armée où la population s’était réfugiée, et voici, une femme le tue en lui jetant une meule de moulin sur sa tête, l’ouvrage présente un récit intéressant affirmant que le mourant Abimélec demande à un écuyer de le finir, pour que on ne puisse pas dire qu’il était mort par la main d’une femme (mais comment il a pu savoir que la meule n’avait pas été lancée par un homme?) Dans la misérable fin de Abimélec se fait entrevoir la théorie de la rétribution divine qui est chère à l’auteur Deutéronomiste:

« Ainsi Dieu fit retomber sur Abimélec le mal qu’il avait fait à son père, en tuant ses soixante-dix frères, et Dieu fit retomber sur la tête des gens de Sichem tout le mal qu’ils avaient fait» (Juges 9:56-57)

Jephté

Jephté (chapitre 11) est l’une des figures les plus tragiques de toute la Bible. L’auteur le présente comme le fils d’une prostituée, mais chef guerrier courageux d’un gang de « mercenaires », et pour cela qu’il est convoqué par les anciens de Galaad (région transgiordanienne) pour s’opposer à l’invasion des Ammonites, peuple aussi trans -giordanien qui fait des raids même au-delà du Jourdain. La victoire de Jephté est pleine et entière, mais il a commis une erreur: il a fait un vœu à Dieu de lui immoler, en cas de victoire, le premier être vivant qui lui viendrais à sa rencontre par la porte de sa maison.

La première à lui courir à sa rencontre fut malheureusement sa fille unique, encore vierge, qu’il n’a pas hésité à la sacrifier pour maintenir fois au pacte qu’il avait fait avec Dieu.

Ce sanglant épisode a inspiré Dante dans une invective célèbre (Paradis V, 64-68):

«Ne prennent pas les mortels le vote à la léger

Soyez fidél., à cela et non sot

comme Ieptè dans sa première offerte;

a qui était mieux dire « j’ai mal fait »,

que, en observant, faire pire … »

En d’autres termes, il était préférable de rompre son vœu que de commettre un péché pire en l’observant. Dans ce cas, le péché pire, ou plus grand, est le sacrifice humain, fortement rejetée par la Bible, Jephté ici semble se comporter en fait de la mêmes façon que les Cananéens qu’il a combattu farouchement.

L’auteur Deutéronomiste le présente cependant, comme un geste isolé d’un homme qui vivait aux confins extrêmes d’Israël, et certainement pas à imiter.

Le poète David Maria Turoldo a écrit une ballade intitulée «Lamentations de la fille de Jephté. » Voici quelques versets:

«Elle était nue sur la table de l’autel.

Parfumée, très belle. Autour

toute la terre disparais:

le prêtre (les yeux et le visage

de son sang taché ) et les personnes

prostrée et à bout de souffle.

Lorsque, au milieu du silence

depuis les oliviers les corbeaux coassaient.

Tout le monde a entendu de lui-même que l’écho sortie

et la chair était encore en vie, pour un réveil brutal.

Ensuite, haut, les corbeaux, était taches dans le ciel. »

Samson

Et voici le plus célèbre de tous les juges, Samson (chapitres 13-16), appartenant à la petite tribu de Dan, qui est menacé par un nouvel puissant ennemi: les Philistins, un peuple d’origine indo-européenne établi sur la côte sud palesti
nien en même temps de l’Exode – fuite.

Beaucoup croient que les Philistins, appartiennent aux fameuses «peuples de la mer» qui ont commences à arriver dans le douzième siècle avant JC, en provenance, entre autres de Sardaigne, ils ont détruit l’empire Hittite et ont menacé l’Égypte, repoussé par Ramsès III (1198-1166 av. J.-C.), le dernier grand pharaon du Nouvel Empire, ils se serait installes en Palestine, où ils fondèrent cinq villes, dont Gaza et Ashdod.

Or, ces terribles ennemis, équipés d’armes de fer et des chars, menacent les pacifiques fils de Dan ; c’est pourquoi Dieu envoie un ange à Manoah et sa femme, pour leur annoncer la naissance de Samson, il était traditionnellement considéré comme l’Hercules de l’épique juive. Contrairement aux entreprises de Deborah, Gideon et Abimélec, qui ont été limités à être beaucoup grandi et magnifiée par la tradition, ceux de Samson sont de historicité très controversée.

Probablement le Deutéronomiste a réélaborés contes et légendes folcloristiques en partie hyperbolique (écartement du lion à mains nues comme le lion de Némée de l’épique grec, les portes de Gaza …) et les superpose dans les traditions cananéennes concernant le culte solaire.

En fait Samson rappelle le nom de Shamash, dieu babylonien du soleil, et sa femme est appelée Delilah, qui signifie «lune», comme s’il s’agissait d’un récit mythique de l’amour entre les deux étoiles, avec le soleil vaincu par la lune au crépuscule, ses cheveux rappellent les rayons du soleil, et, comme le soleil brûlent les cultures.

Au-delà de cela, l ‘ »Annonciation » de la naissance de Samson rappelle ceux d’Isaac et de Samuel, et de Jésus lui-même: dans tous les cas un ange au nom mystérieux (seulement de Gabriel nous connaissons l’identité par l’Évangile de Luc), parce que expression de Dieu lui-même, annonce la naissance aux parents.

L’enfant est consacré à Dieu et devient un Nazaréen. Ne lui sont interdit les relations sexuelles, car en Israël la perpétuation de la famille était la seule forme d’immortalité connu, mais il ne doit pas boire de l’alcool ni raser les cheveux. Le soleil, en effet, quand il est proche du coucher, il perd ses rayons en raison de l’absorption atmosphérique, et perd ainsi de sa force.

sansone1eilleone

F. Monzio Compagnoni, Samson tue le lion, de « La Bibbia per la Famiglia », edizioni San Paolo

Mais ce seront les femmes, qui ne lui sont pas interdit, à porter à la ruine Samson. En fait, il veut prendre une femme Philistin, et lors du banquet de mariage des Philistins il mis la fameuse énigme de la carcasse d’un lion par lui-même tué ou les abeilles ont construit une ruche pleine de miel. L’énigme était un genre littéraire commune au Proche-Orient, également utilisé à des fins éducatives, didactiques, et de sa capacité à y apporter la solution dénotait la personne sage. Ainsi, comme Œdipe a résolu les énigmes du Sphinx, Calaf ceux de Turandot, et dans la Bible, Joseph et Daniel ceux représentés par les rêves respectivement de Pharaon et de Nabuchodonosor.

En corrompant sa femme, les Philistins vont obtenir la solution, mais Samson s’énerve et s’en va. A la nouvelles que son épouse a été donné à un autre, Samson brûle les cultures des Philistins en attachant des torches à la queue des renards qui a capturés.

Arrêté par ses ennemis, tout d’abord il briser les chaînes qui le lient « comme des mèches brûlées », puis à recueillir une mâchoire d’âne, s’en sert en tant que arme et il tue plus d’un millier d’hommes. L’épisode veut expliquer le nom d’une localité maintenant inconnue, mais connue à l’époque comme Léchi, «mâchoire». De là commencent les exploits de Samson, qui juge Dan pendant vingt ans.

L’épilogue de l’histoire est bien connue: Dalila, après avoir extorquer à Samson le secret de sa force le quitte, et quand ses cheveux lui sont rasé la force l’abandonne ainsi que l’aide et la grâce de Dieu, puis il est capturé, aveuglé et humilié. La conclusion prend le ton du «roman exemplaire» en se repentissant, Samson retrouve sa force, mais comment peut-il se venger de ses ennemis s’il est aveugle? L’inspiration lui est fournie par les mêmes Philistins, en le faisant porter dans le temple du dieu Dagon (le père de Baal) afin qu’ils les divertisse en faisant le buffon. Mais Samson casse les piliers portants du temple, qui ruinent sur la tête de ses ennemis:

« Ce furon plus ceux que Samson a tué en mourant, que ceux qu’il avait tué au cours de sa vie» (Juges 16:30)

Certes, il s’agit d’un roman, mais il a son message clair à communiquer: la force et le salut ne viennent que de YHWH, qui est plus fort que n’importe quel idole ou ennemi.

Annexes

Après avoir présenté les figures des juges et de leurs exploits, l’auteur nous entretient avec deux annexes: la première raconte l’origine du sanctuaire de Dan (Juges 17-18), le second raconte le crime commis par les citoyens de Gibeah (Juges 19-21) « quand il n’y avait point de roi en Israël», comme le livre y tient à souligner (pour cela, selon certains, le Livre des Juges est la «préhistoire» d’Israël en Canaan, un peu comm
e l’ère prédynastique en Égypte).

Historicité

D’un point de vue historique, il est difficile de déterminer exactement ce qui s’est passé à ce moment-là, vue que le livre des Juges a été écrit plusieurs siècles après les événements qu’il narre. Certes, le cadre de la conquête qui nous est présenté par le Livre des Juges, depuis son premier chapitre, est complètement différent de celui rencontré dans le livre de Josué. En fait, ici, sont présenté action militaire dispersées, accompli par les tribus agissant individuellement indépendamment les uns des autres, à commencer par Juda, la tribu dominante dans le sud, tandis que dans le précédent livre est accrédité l’idée que toutes les tribus s’étaient déplacés à l’unisson sous le commandement unitaire du successeur de Moïse, vu presque comme un roi avant son temps. En outre, ce livre affirme que les conquêtes des Israélites furent initialement limitées: « et Juda se rendit maître de la montagne, mais il ne put chasser les habitants de la plaine, parce qu’ils avaient
des chars de fer. » (Juges 1;19)

Reconstituer la chronologie exacte des événements est impossible aujourd’hui, probablement Israël au premier siècle après l’entrée en Canaan n’a remporté que les zones montagneuses de la Palestine et certaines territoire de la Transjordanie, où moins dense était la présence des Cananéens bien équipées.

Certains groupes, comme la tribu de Juda, pénétrèrent dans Canaan du sud, à travers le Néguev, et cela renforce l’idée que Juda avait quitté l’Égypte avant, au moment de l’Exode -expulsion. Par contre, la «maison de Joseph», c’est à dire les tribus d’Éphraïm et de Manassé pénétrèrent de l’Est, c. à d. du côté du Jourdain, ainsi que le décrit le livre de Josué, suite à l’Exode – fugue. Cela explique les différences entre les tribus, et la raison pour laquelle, après Salomon l’unité politique a été brisée.

ugarit1scenabattaglia

Scène di bataille en un bas-relief de la ville de Ugarit, XIV siècle à. JC. (Damas, Musée Nationale)

Loin d’être un pacte politique et ethnique, Israël à l’ère des juges est seulement une confédération de tribus à la recherche d’une propre identité et unité: la même réunion de Sichem (Josué 24) montre la présence en Terre Sainte de clans et tribus hétérogènes qui y vivaient déjà et qui avaient adopté les cultes cananéens. Donc Israël est toujours à la recherche de son identité en tant que peuple, qui va se réaliser seulement en 1030, avec l’avènement de la monarchie.

Quant à l’historicité des différents juges, il est pour nous impossible la certifier, à l’exception pour Deborah, Barak et Samuel. Mais exemplaire est, une fois encore, le cas de Samson. Que ses oeuvres ont été exagérées, il ne fait aucun doute, cependant, comme arrive avec d’autres figures semimitiche, de Gilgamesh à Ettore, d’Orphée à Siegfried, nous ne pouvons pas prouver son historicité ni la nier complètement.

En lui survivent souvenirs de temps ancestraux, lors que l’écriture n’était pas en usage et il était facile d’amplifier les légendes, laissant le champ libre à l’imagination. Dans l’impossibilité de reconstituer la façon dont le légende est née, nous la gardons avec toute la luxuriance de l’art et de la littérature qu’il a produit (pensez, par exemple, l’œuvre « Samson et Dalila » de Camille Saint-Saëns), et surtout avec sa signification morale, qui sonne actuelle, même aujourd’hui.

Signification

Une chose est absolument nécessaire de garder à l’esprit; bien que faisant partie des livres historiques de la Bible, l’intention du Livre des Juges n’est pas de tout historiographique, mais théologique, comme cela est claireme
nt indiqué dans Juges 10:6-16:»

( I ) 6. Les enfants d’Israël firent encore ce qui déplaît à l’Éternel; ils servirent les Baals et les Astartés, les dieux de Syrie, les dieux de Sidon, les dieux de Moab, les dieux des fils d’Ammon, et les dieux des Philistins, et ils abandonnèrent l’Éternel et ne le servirent plus.

(II) 7 La colère de l’Éternel s’enflamma contre Israël, et il les vendit entre les mains des Philistins et entre les mains des fils d’Ammon.

8 Ils opprimèrent et écrasèrent les enfants d’Israël cette année-là, et pendant dix-huit ans tous les enfants d’Israël qui étaient de l’autre côté du Jourdain dans le pays des Amoréens en Galaad.

9 Les fils d’Ammon passèrent le Jourdain pour combattre aussi contre Juda, contre Benjamin et contre la maison d’Éphraïm. Et Israël fut dans une grande détresse.

(III) 10. Les enfants d’Israël crièrent à l’Éternel, en disant: Nous avons péché contre toi, car nous avons abandonné notre Dieu et nous avons servi les Baals.

11 L’Éternel dit aux enfants d’Israël: Ne vous ai-je pas délivrés des Égyptiens, des Amoréens, des fils d’Ammon, des Philistins?

12 Et lorsque les Sidoniens, Amalek et Maon, vous opprimèrent, et que vous criâtes à moi, ne vous ai-je pas délivrés de leurs mains?

13 Mais vous, vous m’avez abandonné, et vous avez servi d’autres dieux. C’est pourquoi je ne vous délivrerai plus.

14 Allez, invoquez les dieux que vous avez choisis; qu’ils vous délivrent au temps de votre détresse!

15 Les enfants d’Israël dirent à l’Éternel: Nous avons péché; traite-nous comme il te plaira. Seulement, daigne nous délivrer aujourd’hui!

(IV)16 Et ils ôtèrent les dieux étrangers du milieu d’eux, et servirent l’Éternel, qui fut touché des maux d’Israël.

Ce schéma est répété de nombreuses fois dans le livre. Il s’agit essentiellement d’un système quadripartite indiqué dans le passage ci-dessus de quatre chiffres romains rouges: Le péché, l’infidélité à l’alliance, par lequel le peuple se détourne de Dieu: «Les Israélites faisaient ce qui est mal aux yeux de l’Éternel» ou «ils prêtaient l’adoration de Baal en s’éloignant du Seigneur. »

Ce péché est tout à fait naturel, en contact avec les peuples païens qui pratiquent souvent la prostitution sacrée. Notez que le péché est présenté comme prostitution et adultère, parce que la relation entre Dieu et son peuple est souvent décrite à travers l’image de l’union conjugale.

La punition, considérée comme une réaction divine pour le mauvais comportement du peuple. Il est matérialise toujours par l’abandon d’Israël à ses ennemis de la part de Dieu.

La repentance, sous le fouet du châtiment, les Juifs se repentent et reviennent à l’adoration du seul Dieu.

La libération, est conséquence du retour à Dieu. Le Seigneur montre sa miséricorde en envoyant un «sauveur», c’est à dire un juge. L’expression souvent répété est: «Le Seigneur suscita un libérateur … »

Encore une fois, est à l’œuvre la théorie de la rétribution qui a été mentionné ci-dessus: une théorie que nous rencontrerons encore à plusieurs reprises dans notre long parcours.

Livre Des Juges
Livre Des Juges
Livre Des Juges

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Salvatore Comisi
  • Le blog de Salvatore Comisi
  • : Poésies, études de la Bible et articles sur tout ce qui concerne à la chrétienté du premier siècle à nos jours
  • Contact

Recherche

Liens