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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 15:25

                             L’EXPANSION JUDEO-CHRETIENNE : ( 10 )

 


A Jérusalem, la 1ère expansion chrétienne s’était faite par l’apostolat des 12 et des premiers disciples.

A Damas où la colonie juive était très importante, la foi chrétienne pénétra de très bonne heure - Ananias était sans doute un converti de la 1ère heure.

A Samarie, Philippe l’un des 7 annonça l’Évangile. Les Juifs les haïssaient et les méprisaient.

Le cas de St. Paul, Juif hébreu, admis dans l’Église par Ananias, ne souleva aucune question de principe. Il provoqua un sentiment de surprise et de crainte: A Damas, il fallut un ordre divin pour qu’Ananias se décidât à l’admettre, et à Jérusalem, ce fut sur l’intervention de Barnabé, qu’il put prendre contact avec les disciples.

L’ENTREE DE PAIENS DANS L’EGLISE :

Le centurion Corneille fut la 1ère recrue faite chez les païens. L’Église de Jérusalem des Judéo-chrétiens reconnaissait que les païens pouvaient être admis à la foi sans passer par le Judaïsme. Les Judéo-chrétiens tout en admettant la légitimité de la conversion des païens, restaient strictement attachés à la loi. Même convertis, les Juifs de Jérusalem n’avaient point abandonné la conscience de leur supériorité comme peuple choisi et la foi au Messie Jésus leur semblait inséparable de la pratique intégrale de la Loi.

Les hellénistes chassés de Jérusalem affluèrent à Antioche - L’Église s’y développa composée d’éléments divers, grecs d’origine et Juifs parlant grec, et elle devint ainsi particulièrement apte à jouer un rôle dans la diffusion du Christianisme.
Il y eut donc d’assez bonne heure à Antioche une communauté Chrétienne composée, si ce n’est uniquement, du moins en grande partie de gentils incirconcis avec lesquels les Judéo-chrétiens stricts observateurs de la loi ne pouvaient fraterniser.

L’Église d’Antioche devint bientôt la 1ère Église de la gentilité et le centre le plus important de l’expansion chrétienne. Envoyé par les Judéo-chrétiens de Jérusalem. Barnabé alla à Antioche constata la grâce de Dieu et comprit qu’il fallait faire d’Antioche un centre missionnaire. Il alla à Tarse pour prendre Paul avec lui. Ce fut à Antioche que l’Apôtre partit pour ses missions et que l’Évangile se répandit dans le monde romain.

Ainsi, l’Église Primitive tout en gardant son unité se divisa en 2 fractions :

Celle de Jérusalem plus formaliste plus attachée à la lettre de la loi et aux prérogatives d’Israël.

Celle d’Antioche, plus accessible à l’idée universelle et plus accueillante aux païens.

Deux problèmes se posaient :

1- Allait-on admettre les païens à un rang d’égalité avec les juifs ? Faillait-il leur imposer la circoncision et la loi ?

2- Les Judéo-chrétiens devaient-ils observer strictement la loi dans leur relation avec les païens convertis surtout dans les repas de la communauté ? La 1ère question malgré l’attitude de Pierre vis-à-vis du centurion converti, a quand même donné lieu à un grave conflit aboutissant à la crise des Judaïsants.

La 2ème a causé divers incidents dont ceux d’Antioche (Gal, 11,11 sq) et de Jérusalem - (Act, XXI, 20-24) sont les plus caractéristiques.

D’ailleurs, Jésus ne s’était prononcé sur aucune de ces deux questions. Il avait bien laissé entendre que les païens devaient faire partie de la foi nouvelle et non plus au Judaïsme universel. Il avait donné aux apôtres la mission d’instruire « tous les peuples ». Il avait aussi condamné le formalisme des pharisiens et donné à la loi un sens et un esprit nouveau.

 

                                              LES JUDAISANTS : ( 11 )


Au cours d’une première mission, Paul et Barnabé avaient converti des multitudes de païens sans leur imposer la loi. Les chrétiens d’Antioche ne font aucune objection. Ils semblent trouver la chose toute naturelle. Également en Phénicie et à Samarie. Il n’en fut pas de même à Jérusalem. Il y avait dans l’Église- mère plus d’un chrétien qui n’avait pas approuvé sans réserve la conduite de Pierre baptisant Corneille sans lui imposer la loi. Ceux qu’animait l’esprit pharisien estimèrent que le moment était venu d’agir : Pour eux l’œuvre de Paul et de Barnabé était une erreur qu’il fallait combattre. On devait imposer aux gentils la loi et la circoncision. Telle était la thèse des « Judaïsants », les ennemis acharnés de l’apôtre. Quelques-uns se trouvaient à Antioche et à Jérusalem.

A Jérusalem, « quelques-uns de la secte pharisienne, qui avaient cru » tiennent le même langage que les Judaïsants d’Antioche. St. Paul, les désignera dans l’Épître aux Galates (11,4) sous le nom de « faux frères intrus, qui s’étaient glissés pour épier la liberté » qu’il avait dans le Christ Jésus.

Il fut convenu par la suite que Jacques, Céphas et Jean prêcheraient aux circoncis, Barnabé et Paul aux Païens (Gal 11, 9). St. Pierre dans une assemblée générale, fit allusion au centurion Corneille et sa famille et ne voulut pas qu’on imposât aux converti issus des croyances païenne le joug de la loi.

Enfin Jacques, lui aussi, admit la légitimité de la conversion des païens. Il demanda seulement qu’ils aient à s’abstenir « des souillures des idoles, de la fornication, de la viande étouffée et du sang ». C’était une concession aux Judéo-chrétiens. Ces interdits représentaient l’esprit de la loi qu’ils avaient coutume d’entendre lire dans les synagogues.

Malgré ces restrictions, la thèse de St. Paul triomphait. Tite païens converti, ne fut point forcé d’être circoncis. Voyant la partie perdue, les Judaïsants avaient dû exiger au moins cette concession et même un bon nombre de Judéo-chrétiens « Loin de nous soumettre à eux, déclare St. Paul, nous ne leur cédâmes pas un instant » (Gal 11, 5). Ainsi, leur défaite était complète : La réunion des apôtres et de l’Église de Jérusalem avait sanctionné l’évangile paulinien du salut des païens sans la loi. L’égalité des Juifs et des païens devant la grâce du salut avait été reconnue et du discours de Pierre l’on pouvait même conclure à l’inutilité de la loi pour tous les chrétiens. Mais quand même les Judéo-chrétiens se sentaient tenus de l’observance de la loi car elle représentait à leurs yeux la volonté de Dieu et fait partie des prérogatives d’Israël.

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