Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 11:36

Le Chroniqueur


Les deux livres des Chroniques (littéralement en hébreux ‘’mots des jours’’) reproduisent la plupart des événements racontés déjà dans les deux livres de Samuel et les deux livres des Rois. Mais ce n’est pas une pure et simple ré- édition, comme on pourrait nous apparaître à première vue. Ces livres appartiennent en fait à la tradition du Deutéronomiste, alors que l’auteur de ces deux livres, défini »Le Chroniqueur‘’, appartient à la » Tradition Sacerdotale », la même du premier chapitre de la Genèse.

Cette tradition est né à Babylone lors de l’Exil, contrairement au Deutéronomiste, celle-ci a clair à l’esprit du Chroniqueur un plan précis qui n’est pas seulement historique, mais aussi religieux.

En fait, le chroniqueur ne se limite pas à exposer des faits, comme le fait le Deutéronomiste dans la fameuse « Succession au trône de David. » Il sélectionne et révise les données afin d’exalter principalement le temple et le culte à Jérusalem, entendue comme le cœur même de la foi et de l’identité d’Israël en tant que peuple.
Ce n’es pas un cas si dans les 19 chapitres du premier livre qui parlent du royaume de David, 10 sont dédiés au transport de l’Arche de l’Alliance à Jérusalem et aux dispositions du roi au sujet de la construction du Temple, comme si à son fils Salomon ne restais que la mise en œuvre des dispositions du pères.

D’autres 8 chapitres du Second livre sont ensuite consacrées à la construction proprement dite de ce qu’on a appelé la huitième merveille du monde antique. L’histoire racontée par le chroniqueur est donc en réalité une histoire sacrée, une histoire qui tourne autour du Temple.

Datation

En 1 Chroniques 29:7 il est dit que les chefs de famille des tribus d’Israël ont offert entre autres choses, « dix mille dariques » pour la construction du Temple de Salomon. Mais il s’agit d’un évident anachronisme: comme son nom l’indique, ces pièces ont été édités par l’empereur perse Darius I ( 522-486 av. JC), de qui ils portait l’effigie. A l’époque de David et de Salomon les pièces n’étaient pas encore en usage, évidemment, le chroniqueur porte au temps des Rois une habitude courrant à son l’époque. C’est l’un des arguments les plus forts utilisés par ceux qui datent les livres des Chroniques au Ve siècle avant J.-C. (comme si je disait ’’dix mille Euros’’ pour donner une idée de la valeur des dons).

Le roi David

Le deuxième argument est lié à ce qui a été dit dans le paragraphe précédent: le Temple de Jérusalem est au cœur de ce livre car il est soutenu par le chroniqueur comme un symbole d’espoir et de confiance pour les Juifs revenus en Palestine après l’exil, et forcé de vivre parmi mille difficultés matérielles et morales.
Mais nous vient en aide même la plus flagrante différence entre le chroniqueur et le Deutéronomiste, à savoir le fait que le première ignore totalement les événements du royaume du Nord, comme si cela ne valait pas la peine de dépenser des mots pour des «hérétiques» qui avaient abandonnés la pureté du culte dans le Saint des Saints à Jérusalem. Il est probable que derrière ce choix il puisse y avoir une volonté certaine de polémique: dans le IVe. siècle avant J.-C. Les Juifs de Jérusalem étaient en contraste frappant avec les Samaritains, installés par les Assyriens dans le territoire qui avait appartenu au royaume du Nord.

Sources

Le chroniqueur puise souvent dans les livres de Samuel et des Rois (ce qui montre qu’ils sont antécédent à son travail), en prenant parfois quelques verset, presque à la lettre, mais dans 1 Chroniques 29:29 d’autres sources sont citées être par lui utilisé pour écrire son premier livre: Les Actes du Voyant »Samuel’‘, les »Actes du prophète Nathan » et » Les Actes du Voyant » Gad. Nous devons souligner que les prophètes d’Israël ont été divisés en deux groupes, les « prophètes écrivains » et les « non – écrivains ». Du première groupe, nous sont parvenus de longs textes : c’est le cas d’Isaïe, Jérémie et Ézéchiel. Des secondes, par contre, il nous ai rien arrivé: Samuel, Nathan, Elie et Élisée sont parmi eux.

Bien sûr, rien n’empêche que Samuel et Nathan ont pu écrire leurs propres livres de visions qui ne nous sont pas parvenus, mais n’oubliez pas que Samuel est mort avant que David monta sur le trône, et il est donc très peu probable qu’il ait écrit des actes du «Roi David » .A cette époque, en fait, l’ écriture était beaucoup moins répandue qu’elle ne l’était au moment des prophètes écrivains, compte tenu de l’absence totale d’autres références à ces écrits, il est plus probable qu’il s’agit d’un expédient littéraire du chroniqueur, qui voulu donner à ses écrit une autorité égale à celle des autres écrits bibliques.

De la même façon que, Proverbes ou Ecclésiaste sont placées sous les auspices du roi Salomon afin d’augmenter la valeur et le caractère sacré, un peu comme Alessandro Manzoni a affirmé avoir pris l’histoire »Les Fiancés » d’un célèbre parchemin du XVIIe siècle. Bien sûr, cela ne signifie pas que le chroniqueur a inventé de toute pièce tout ce qui nous raconte, il pouvait certainement consulter des excellentes sources documentaires qui pour nous sont perdu, en partie différents de ceux des Livres des Rois.

Subdivision du texte

Le Premier Livre des Chroniques décrit l’histoire du peuple juif depuis ses origines légendaires jusqu’au onzième siècle av. JC à travers les généalogies, et puis des rois Saül et David sous forme narrative; ;
Le Second livre ne parle que sous forme de récit, il part de la mort de David (environ 970 avant JC) et s’étend jusqu’à la destruction du royaume de Juda en 587 a
vant JC. En tout, les deux livres, comportent 65 chapitres (29 dans le premier et 36 dans le second) qui peuvent être subdivisé en plusieurs parties :

L’ histoire généalogique du peuple élu (1 Chr 1-9) ;

Le règne de David (1 Chr 9-21 ), qui comprend son ascension au royaume (1 Chr 9-12) et ses entreprises victorieuses (1 Chr 13-21) ;

Les préparatifs pour la construction du Temple ( 1 Chr 22-28) ;

Le Royaume de Salomon ( 1 Chr 29-2 Chr 9);

L’histoire du royaume du sud (2 Chr 10-36), comprend en particulier le règne de Josaphat (2 Chr 17-20), de Joas (2 Chr 23-24), de Ezéchias (2 Chr 29-32) et Josias(2 Chr 35-36), des quels le chroniqueur consacre beaucoup d’espace parce que réformateurs du culte et ennemis de l’idolâtrie.

Les différences entre les livres des Chroniques et les livres des rois

C’est pas la peine de parcourir les événements chapitre par chapitre, parce que les faits relatés sont sensiblement les mêmes que celles des deux livres des Rois il me semble juste, cependant, de souligner quelques différences importantes. Tout d’abord, David est présenté comme le réelle constructeur du Temple, puisque il avait déjà préparé tous les projets, les décorations et l’ameublement du grand bâtiment, leur description est conduite avec accent dans le chapitre 22 du premier livre des Chroniques, révélant tout l’amour que les anciens Hébreux avait pour toutes les manifestations rituels
du culte de YHWH .

 

En réalité, les Livres des Rois nous informent que Nathan avait prophétisé à David que seulement son fils allait construire un temple au Seigneur. Évidemment, nous sommes confrontés à la classique méthode bibliques de reporter les événements à l’origine de l’histoire.
Ainsi, l’histoire de Caïn et Abel (Genèse 4:1-16 ) suppose un monde déjà peuplé (« quiconque me trouvera me tuera », pleure tristement Caïn), mais il est porté par l’auteur biblique à l’origine du monde, pour démontrer comment l’assassiner est entré dans l’histoire humaine depuis le début, comme conséquence du péché originel .
Même les livres de Nombres et le Deutéronome consacrent une large place à l’organisation rituel du culte, qui sera pratiquée dans le Temple, mais cette organisation est ramené à Moïse lui-même, afin de en souligner l’importance et l’antiquité. Et enfin, le sabbat pratique éminemment juive vient attribué (Genèse 2:2-3 ) au repos de YHWH le dernier jour de (l’Eptameron) de la Création, ce qui lui donne une importance encore plus cosmique.

 

Logique que le chroniqueur, beaucoup plus intéressé du Deutéronomiste aux pratiques cultuelles, (contrairement aux livres des Rois, celles des Chroniques nomment plusieurs fois la célébration de la Pâques par les différents souverains), les chroniques nous portent sur l’organisation du clergé et le culte du roi David, l’initiateur de la grande dynastie du royaume du Sud, et l’auteur des Psaumes, dont beaucoup ont leur propre signification liturgique. Le fait que David n’as pas pu construire matériellement le Temple (22:9) est justifiée avec l’affirmation selon laquelle il était un homme de guerre qui avait les mains tachées de sang, et donc inapte à mener à l’accomplissement de si haute entreprise. Retrouvons ainsi, la confirmation du fait que celle-ci ce n’est pas vrai histoire, mais l’histoire repensée.

 

La même chose s’applique à tous les successeurs de David (comme déjà dit, le royaume du nord n’est même pas pris en considération). Au roi Josaphat (« YHWH gouverne»), le second livre des Chroniques consacre quatre chapitres, comparativement à seulement 11 versets du premier livre des Rois, en raison de sa grande et à plusieurs reprises louée réforme religieuse: même ici l’intention liturgique est plus que manifeste, comme manifeste est l’utilisation de sources autres que celles du cycle Deuteronomistique, qui dans ce cas pouvait fournir bien peu d’indices. Quant au roi Josias, selon 2 Chroniques 34:6 Lui il a cherché à étendre sa réforme religieuse aussi aux territoires du Nord, jusqu’à Nephtali, ce qui a fait penser qu’il a exploité une tentative de réunification politique des deux royaumes. Ceci a été rendu possible par la situation historique de son époque: l’empire assyrien avait maintenant atteint la fin de sa parabole, et il était menacé de tous côtés par les Babyloniens, les Mèdes et les Perses.

 

Conséquent logique donc que lui désormais n’est plus capable de contrôler ses provinces les plus éloignées, tout comme celle de la Samarie. Même dans ce cas aussi le chroniqueur se révèle mieux informées et plus riches de sources du Deutéronomiste. Enfin, dans 2 Chroniques 36:21 il est explicitement mentionné le prophète Jérémie et l’édit de Cyrus, qui, cependant, était inconnu de l’auteur du Deutéronome. Mais de ceci nous en reparlerons .

les généalogies

Comme mentionné ci-dessus, à la différence des livres de Samuel et des Rois, éminemment narratives, les livres des Chroniques commencent par 9 chapitres de généalogies nus et pures. Le premier verset du premier livre commence même brusquement avec une liste de treize noms: Adam, Seth, Enosch, Kénan, Mahalaleël, Jèred, Enoc, Metuschélah, Lémec, Noé, Sem, Cham et Iaphet. Ce sont les noms des patriarches antédiluviens pris du chapitre 5 de la Genèse, comme pour indiquer que le chroniqueur veut revenir aux origines les plus reculées de l’histoire, a partir du même premier homme (même l’Évangile de Luc, chapitre 3, reportera la généalogie de Jésus jusque à Adam ).

 

Dans la pratique, avec neuf chapitres de généalogies, parmi lesquels nous pouvons retracer presque tous les protagonistes du Pentateuque, le chroniqueur veut résumer en entier les vicissitudes historico -religieuse d’Israël antécédent l’époque de la monarchie.
Une procédure similaire sera adoptée dans le Nouveau Testament par Matthieu et Luc, qui présenterons les généalogies de Jésus afin de le reconnecter à toute l’histoire du salut à Lui précédent. Les deux évangélistes entre autres, ont largement puisé dans les listes du chroniqueur pour compiler leurs généalogies.

 

Les généalogiques était un véritable genre littéraire en vogue chez les différents peuples de l’Orient antique, quoique moins fréquemment que dans l’Ancien Testament. Les généalogies servent à découvrir l’identité d’un peuple en tant que nation, mais aussi pour légitimer l’accès à certaines positions sociales. Par exemple, celui qui voulait être prêtre en Israël il devait être capable de démontrer, listes généalogiques en main, d’être descendent de Lévi, fils de Jacob et fondateur de la tribu sacerdotale. Cet aspect est devenu particulièrement important dans l’ère post -exilique, à la quelle nous avons dit revenir le travail du chroniqueur, quand les Juifs essayaient de retrouver leur propre identité culturelle et religieuse après le choc d’avoir vécu 70 années dans le milieu du syncrétisme et du cosmopolitisme babylonien.

Depuis Dan jusqu’à Beer -Schéba

Cette expression est utilisée dans 1 Chroniques 2:2 pour indiquer la totalité du territoire d’Israël, selon une procédure typique des cultures sémitiques dite de «inclusion»: indiquer les deux extrémités d’une réalité signefie l’indiquer dans son intégralité. Dan, (Tel Dan aujourd’hui), en hébreu, «jugement», est situé à l’extrémité nord de la Terre de Canaan, à la source du Jourdain, et Beersheba (aujourd’hui Tell es Saba), en hébreu «puits du serment », est à l’extrémité sud de la Judée. C’est un endroit renommé dans l’Ancien Testament, car il est le théâtre de nombreux événements à l’époque des patriarches (voire Genèse 21). Notez que dans l’Apocalypse Christ lui-même se définis » l’Alpha et l’ Omega »: un évident clair exemple d’inclusion, car ce terme se référer à l’ensemble de l’alphabet grec, et donc l’ensemble de la Création.

"L’exil comme un » congé sabbatique"

Le chapitre 36 du second livre des Chroniques parle, comme le chapitre 25 du second livre des Rois, de la chute de Jérusalem aux mains des Babyloniens, mais, contrairement à celui-la, il connaît la prédication de Jérémie, qui a représenté un véritable point de référence pour les juifs en exil à Babylone : «20 Nebucadnetsar emmena captifs à Babylone ceux qui échappèrent à l’épée; et ils lui furent assujettis, à lui et à ses fils, jusqu’à la domination du royaume de Perse,
21 afin que s’accomplît la parole de l’Éternel prononcée par la bouche de Jérémie; jusqu’à ce que le pays eût joui de ses sabbats, il se reposa tout le temps qu’il fut dévasté, jusqu’à l’accomplissement de soixante-dix ans. » 2 Chroniques
36:20-21

 

Presque certainement la période de soixante-dix ans n’a pas de valeur chronologique, vu que en fait la déportation a duré 49 ans (de 587 à 539 av. JC) Il a par contre une valeur symbolique, représentant généralement un temps accompli parfait, étant le résultat du produit de deux nombres parfaits: 7 x 10. Mais pourquoi parfaite, si Israël était en exil privé du Temple? Normalement, on estime que ce période de souffrance et éloignement de la patrie a été voulue par Dieu pour fortifier Israël et le ramener à la fidélité à Lui.

Cette hypothèse est étayée par l’interprétation d’un passage du Lévitique (26:34-35), évidemment postérieur à la déportation à Babylone. «34 Alors le pays jouira de ses sabbats, tout le temps qu’il sera dévasté et que vous serez dans le pays de vos ennemis; alors le pays se reposera, et jouira de ses sabbats. 35 Tout le temps qu’il sera dévasté, il aura le repos qu’il n’avait pas eu dans vos sabbats, tandis que vous l’habitiez. ». Lévitique (26:34-35).


L’année sabbatique était celui au cours duquel la terre a été laissée se reposer (en jachère), avant de procéder à un nouvel ensemencement. De même, l’exil du peuple élu permet à la terre d’Israël de profiter du repos du sabbat que ses habitants lui ont refusé, en contradiction de la volonté de Dieu. Un véritable interprétation théologique de l’histoire, loin un millier de miles de la notion que nous avons aujourd’hui de l’historiographie . Pourtant, c’est précisément ce qui rend si spéciale les « livres historiques » de la Bible et, à leur manière, sont plus fascinant de toute œuvre de Thucydide ou Plutarque .

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Salvatore Comisi
  • Le blog de Salvatore Comisi
  • : Poésies, études de la Bible et articles sur tout ce qui concerne à la chrétienté du premier siècle à nos jours
  • Contact

Recherche

Liens